LES CARTES POSTALES
A THEME
- LES ATTELAGES A CHIENS -
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Plus de 1 300 cartes postales recensées représentent un attelage à chien prouvent l'existence, au début du XXème siècle, d'un moyen de transport employé en France, mais peu cité par les historiens.
L'utilisation du chien de trait est très ancienne - On peut penser que la traction canine apparaît après la découverte du collier, vers l'an 1000, en se callant approximativement sur la traction hippique.
Le chien, première conquête de l'homme parmi les animaux, devient "le cheval du pauvre".
Des textes et des tapisseries des XVIème et XVIIème siècle mentionnent ou reproduisent l'usage de voiturettes tirées par des chiens dans le Nord et l'Ouest de la France - Il est vraisemblable qu'il en fût de même dans l'Orléanais et le Berry et dans tous les pays plats.
Dès le XVIIIème siècle, des règlements de police interdisent à Versailles l'utilisation de voitures attelées de chiens et à Paris de "phaétons tirés par des chiens" - Des ordonnances de la préfecture de police de Paris interviennent pour "danger de morsures pour les passants", pour "embarras de la voie publique", pour "excès de vitesse" - Ce mode de traction persiste néanmoins dans la région parisienne.
Interdit en Italie et en Angleterre, l'attelage à chien s'emploie de plus en plus en France - Il fait partie de la vie quotidienne, celle des "gagne petit" - En Belgique, il s'intensifie en raison du manque de chevaux aux début du XIXème siècle.
Ce mode de traction est proscrit en 1824 par le préfet de police à Paris mais, il persiste encore pendant presque un siècle.
Dans la plupart de nos départements, 59 en 1897, on permet encore la circulation permanente ou exceptionnelle des voitures à chiens - Mais dans les vingt-huit autres, des arrêtés préfectoraux, s'inspirant de la loi Grammont de 1850 pour la protection des animaux, l'interdisent formellement - La position de trait entre les brancards ne convient guère, en effet, à une bête dépourvue de garrot, surtout quand elle doit supporter de lourdes charges.
La réglementation diffère suivant les départements mais se réfère toujours à la loi Grammont - Celle-ci ne comporte qu'un seul et unique article : "Seront punis d'une amende de 5 à 15 francs et pourront l'être d'un à cinq jours de prison ceux qui auront exercé publiquement et abusivement de mauvais traitements envers les animaux domestiques".
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L'incohérence des lois humaines - dessin du regretté LEMOT - extrait du "Pèlerin Magazine" - 1er janvier 1914
Consacré à l'arrondissement de Gien
Mais des pétitions sont adressées au ministre de l'intérieur en 1897 et en 1898 par des usagers "sollicitant la faveur de leur accorder l'ancien usage du transport de leurs marchandises par leurs chiens".
Dès les premières années du XXème siècle, des textes de réglementation moins rigoureux apparaissent, permettant ainsi la circulation de ces voitures jusqu'à la dernière guerre et même encore sous l'Occupation où les moyens de locomotion seront rares.
LE CHIEN - Aucune besogne qui nécessite une intelligente soumission, de la patience, du dévouement et de la fidélité, ne paraît au dessus des forces du chien - On l'utilise donc couramment comme bête de trait en France mais aussi en Belgique, en Allemagne, en Suisse, en Hollande - Il n'existe, à vrai dire, aucun type de chiens de trait - En Belgique, où l'on compte environs 150 000 chiens employés ainsi en 1920, une Société nationale se fonde pour l'amélioration de la race et des concours - Des expositions s'organisent à Bruxelles et à Liège - A l'occasion de ces manifestations, vers 1905, un spécialiste, le professeur Reul de l'école vétérinaire étudie le type idéal du chien de trait - Ce dernier doit présenter les caractères suivants : "taille élevée, 0 m 60 à 0 m 80, tête forte, cavités nasales larges indiquant un bon appareil respiratoire, lèvres épaisses et grande bouche, mâchoire puissante et solidement armée, oreilles de moyennes longueur, mi-ventre modérément développé - Il doit être bien proportionné, le corps massif et près de terre, un peu plus long que haut - Le poids oscille entre 45 et 60 kg - Il a l'allure facile et aisée - Il démarre et tire son véhicule sans peine avec une charge de 250 à 300 kg - Il est d'un tempérament nervo-sanguin sans trop d'emportement - Il se montre docile et obéissant aussi bien pour avancer que pour ralentir, arrêter et reculer".
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LES VOITURES - En général, la voiture et le harnachement ressemblent, toutes proportions gardées, à ceux du cheval de trait - Mais, que de formes diverses de charrettes ! - Peu de fabrication de série, elles sont adaptées à l'usage, souvent construites par le charron ou par l'utilisateur lui-même, à partir de matériaux de réemploi : roues de charrue, de bicyclette, etc.
Dans notre région, nous ne relevons pratiquement que des voitures à deux roues, mais dans d'autres départements il en existe aussi à trois roues, en Bretagne par exemple, et même à quatre - Il est primordial que la charrette soit bien équilibrée sur ses roues afin que la charge ne porte pas sur la bête attelée - Mais il faut aussi remarquer l'absence presque total d'un système de suspension - Les caisses étant fixées directement sur l'essieu - Un système à lames s'ajoute quelques fois sur les voitures qui servent au transport des personnes.
LES HARNAIS - Différents un peu suivant l'époque et la région - Ils se composent d'une bricole assez large qui prend appui sur le poitrail ou d'un collier de trait rembourré auxquels se fixent les traits, d'un surdos et quelque fois d'une "ventrelle" - Dans le Loiret, on utilise aussi un collier imité de celui du cheval - Le harnachement est conçu de manière à éviter toute blessure et pour permettre au chien de se coucher à l'arrêt - La muselière est également obligatoire.
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EN FRANCE - Dans le Nord et dans l'Est, les chiens utilisés présentent peut-être certaines de ces aptitudes mais, dans nos régions du Centre, le "chien-moteur" est moins robuste et, dans la réglementation, le minimum de taille exigé est, d'ailleurs, de 50 cm - Il s'agit, souvent d'un solide "corniaud" de forte corpulence.
Ordinairement, le conducteur se fait obéir à la parole - Lorsqu'il marche à côté du chien, il le tient en laisse, mais, quand il monte en charrette, il dirige l'attelage avec une paire de guides fixées à la muselière dont est pourvu l'animal ou à un petit collier formé d'une simple courroie - Pour l'arrêter, il existe un moyen un peu brutal : le passager quitte l'avant pour le fond de la voiture - Le mouvement brusque et le poids font cabrer le chiens et le stop - La résistance de "corniaud" et son agilité sont incroyables, il peut tirer seul 60 à 80 kilos à la vitesse de huit kilomètres à l' heure - Un attelage couplé tracte sur route trois cent kilos et plus - Son intelligence et sa docilité sont connues - Il ne rechigne jamais à la besogne, heureux même de servir de bête de somme.
Y a t-il eu des chiens maltraités ? - Oui certainement, comme il existe encore des bêtes battues et mal nourries, mais pas plus que ne le sont le cheval ou les autres animaux de trait - Muguette Rigaud précise dans : "l'attelage à chien en France - Historique - Cartoliste - Cercle des Cartophiles du Loiret en 1996" : "Personnellement, j'ai vu des chiens attelés chez des voisins et chez des parents suffisamment longtemps pour témoigner que ces bêtes n'étaient pas malheureuses - Il me paraît exagéré de qualifier cet attelage de "pratique cruelle" - Avant de généraliser, il faut se rappeler que la vie était dure pour les hommes aussi".
En Sologne - Les principaux utilisateurs sont certainement les écoliers, éloignés de l'école, située à plusieurs kilomètres - Gardiens de troupeaux avec leurs chiens à la belle saison, ils ne vont en classe que l'hivers quand les bêtes restent à l'étable ou à la bergerie - Dégagés de cette tâche, l'enfant et le chien partent le matin vers le village, à travers bois et par des chemins défoncés - Pendant que son petit maître est à l'école, le chien attend dans une maison voisine ou bien il retourne seul ou attelé à son logis pour revenir le soir chercher son chargement.
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Les femmes - se servent aussi beaucoup de cet équipage pour aller à l'herbe aux lapins, au marché et aussi pour porter le lait à la ville - Nombreuses sont les laitières et même les laitiers à la Ferté-Saint-Aubin, Briare, Sully-sur-Loire, Gien et dans les chefs-lieux de canton du sud de la Loire - Ils viennent ainsi de la campagne vendre le lait de leurs vaches à leur "pratique", clientèle, de la ville... - Soulignons que l'on retrouve ce mode de "portage" un peu partout en France et en Belgique où circulent les voitures tirées par des chiens.
Les boulangers et les porteuses de pain utilisent la traction canine dans les bourg et hameaux avec une charrette de type classique mais aussi, avec la voiture "boulangère" qui permet de placer les pains verticalement.
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Chiffonniers, poissonniers, marchandes de 4 saisons, rémouleurs, marchands de balais, vendeurs de journaux, colporteurs et tous les "gagne-petit", forment la majorité des utilisateurs - Les mutilés, les infirmes et les vieillards bénéficient de dérogations dont ils usent largement.
Les facteurs des postes, les porteurs de dépêches, le service rapide des petites gares ont recours aux voitures à chien souvent pour de courts trajets entre les stations de chemin de fer et la poste - Des factrices auxiliaires à la Bussière, Ousson, Saint-Cyr-en-Val dans le Loiret et à Thenay dans le Loir-et-Cher sont célèbres par leur attelage.
Les représentants des épiceries "Au Planteur de Caïffa" et les Etablissements Debray distribuent leurs articles dans la campagne avec une catégorie de voiturettes à trois roues - De formes rectangulaire avec un couvercle s'ouvrant sur un côté elle est poussée par l'homme et tirée par le chien - Quatre cents dépôts "Caïffa" existent en France.
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Des voyageurs de commerce, des courtiers des Grands Moulins de Corbeil effectuent ainsi des tournées - Il existe des chiens taxis, des chiens messagers et, pendant la guerre, des chiens ambulanciers et des chiens mitrailleurs, tous attelés à un véhicule roulant.
Omniprésent, le chien intéresse les militaires - L'armée l'emploie en estafette, en sentinelle, il devient chien mitrailleur et chien ambulancier et pendant la guerre de 1914-1918, il opère sur le front portant lui aussi un masque contre les gaz asphyxiants.
Avec les Belges, toujours prêts à utiliser les ressources du chien attelé, des Français cynophiles convaincus, le capitaine Puisais et Paul Megnin inventent et essaient un moyen de transport de mitrailleuses et d'évacuation de blessés - On les voit aux grandes manoeuvres de 1911 et à l'exposition de Gand en 1913 - Ils tentent des expériences à Lilles, à Paris et également dans le Loiret.
Les Allemands se sont occupés aussi des chiens au service de l'armée et chaque compagnie possède au minimum quatre "chien sanitaires".
Cette technique d'utilisation de nos braves bêtes connut un échec partiel.
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Le chien aidant l'homme dans la vie de tous les jours, le divertit également les jours de fête, assemblées, foires, comices où il devient bête de compétition dans des courses de voitures à chiens ou en tirant des voitures dans les concours.
En Belgique, on joue beaucoup d'argent le dimanche dans ce genre de courses et la bête doit être très rapide - Son maître ne l'épargne pas - A Gand, existe un marché de chiens de trait actif - En Allemagne, la S.P.A. de Dresde offre des récompenses aux propriétaires des champions d'expositions et de concours pour souligner qu'elle ne considère pas le travail du chien attelé comme un martyre.
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L'attelage à chien en cartes fantaisies - Les C.P.A., Cartes Postales Anciennes, les C.P.S.M., Cartes Postales Semie-Moderne, les C.P.M., Cartes Postales Modernes, n'ont pas manqué de représenter le chien tirant une voiturette - Elles sont assez nombreuses - En voici quelques exemples.
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Le chien de trait reste un chien de chasse - Une brave bête bien dressée n'en reste pas moins un chien avec ses instincts naturels quelquefois contrariants pour son maître.
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L'attelage à chien inspire les illustrateurs cartophiles :
Heureux anniversaire, Rhodania, Lyon.
Saint-Denis-en-Val, dessin de Fortuné, pour la 17ème bourse des Catophiles du Loiret, le 8 décembre 1996.
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Le Cercles des Cartophiles du Loiret a, pour son 20ème anniversaire, édité une série de vingt carte numérotées - Ces deux attelages portaient respectivement les N° 04 et 10 - "Pourquoi pas un attelage à coq ?" - dessin de Gaston Touraine, partenaire Bénard - "De la Joconde à la voiture à chien", dessin de André Le Guilloux, partenaire Muguette Rigaud - Ces deux créateurs sont membres des "Amis de Mona Lisa".
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Bibliographie : L'Attelage à Chien en France, Historique, Cartoliste du Cercle des Cartophiles du Loiret en 1996 - L'Attelage à Chien en France, Complément, du Cercle des Cartophiles du Loiret en 1999 -