COMMUNES DU LOIRET

- COMMUNE - ARDON -

 

Ardon - 45160 - Canton de la Ferté-Saint-Aubin

- Habitants - les  Ardonnais

1876   5 145 hectares     588 habitants
1891   ""     640 habitants
1911   5 145 hectares     580 habitants
1921   ""     507 habitants
1936   5 145 hectares     417 habitants
1954   ""     412 habitants
1975   5 365 hectares     536 habitants
1990   ""   731 habitants
1999   5 365 hectares   851 habitants

Distance d'Orléans : 15 kilomètres - Distance d'Olivet : 10 kilomètres

Distance de la Ferté-Saint-Aubin : 9 kilomètres

Cours d'eau : Ruisseau : l' Ardoux

Ardon : Variantes orthographiques : aucune - En 1790, la commune est attachée au canton de Lailly - En 1801, Ardon est rattachée au canton de la Ferté-Saint-Aubin pour ne plus en bouger - Appartenaient par années alternatives les terres métaizes suivantes : à Ardon et Jouy-le-Potier, les métairies du Boury, la Grangerie, Mimory, Sévignes et le Ménage ; à Ardon et la Ferté-Saint-Aubin, les métairies de Fontenailles et de la Mairie - Par arrêt du Conseil du Roi en date du 22 octobre 1726, sont rattachées définitivement, sur le plan fiscal seulement : à la paroisse d'Ardon, toutes les métairies, locatures et domaines jusqu'alors alternativement imposés à la Ferté-Saint-Aubin et à Ardon, et les métairies de la Grangerie, Mimorie et le Boury, alternativement de Jouy-le-Potier et Ardon - A la paroisse de Jouy-le-Potier, les domaines de Sévignes et du Ménage et leurs dépendances alternativement de Jouy-le-Potier et d'Ardon - Ces mesures prennent effet pour la confection des rôles de 1727 - L'alternance est maintenue entre les paroisses pour toutes les questions religieuses.

On peut lire dans les Recherches Historiques sur l'Orléanais de l'abbé Patron de 1870 ce qui suit :

"Ardon est situé à 9 km. de la Ferté et 13 d'Orléans, sur la rivière d'Ardon qui traverse son territoire composé de 5 149 hectares - Ce pays, autrefois, ne produisait que du seigle et du blé noir - Il donne aujourd'hui, par une culture intelligente, de bonnes récoltes en blé et en vin".

"En 1310, Raoul Grosparain, évêque d'Orléans, dota non seulement les églises et les pauvres de la ville, mais encore la paroisse Saint-Pierre d'Ardon, demandant des prières pour le repos de son âme".

"L'église rebâtie au XVIème siècle a été agrandie en 1845 - On y voit les pierres tumulaires de quelques curés de la paroisse et celle d'un seigneur de la Rivière, gouverneur de Pithiviers - Sur cette dernière tombe est gravé un personnage armé de toutes pièces".

"Parmi les nombreux châteaux qui s'élèvent dans le pays, on remarque le château de la Rivière qui date du XVème siècle, le château de Marchais-Lambert de style renaissance aujourd'hui inhabité, et le château de la Maison-Fort, ancienne seigneurie - Le seigneur de la Maison-Fort avait droit de haute et basse justice, et les fourches patibulaires se dressaient à quelques pas du "Chêne des Landes", qui a, dit-on, abrité sous son ombre de diaboliques mystères".

"En 1327, Françoise de Sully, épouse de Guillaume de Milly, dame de Boisgibault, habitait le château de la Rivière".

"Laréveillère-Lepeaux, conventionnel, le défenseur des Girondins contre Danton, membre du Directoire a passé ses dernières années dans la disgrâce et l'oubli, à la Rousselière - Il était membre de l'Institut, classe des sciences morales et politiques - Il avait imaginé une religion qu'il appelait : "Théophilantropie" - Il a suffit de mettre à jour ce culte nouveau en 1797, pour le faire tomber sous le ridicule".

"M. Légier, député au Conseil des Cinq Cents, et son neveu, avocat distingué de la Cour d'Orléans, habitèrent aussi la commune d'Ardon".

"Au XVIIIème siècle, Ardon comptait 150 feux et 350 habitants - Le revenu de la cure était de 1000 livres - L'archidiacre de Sully en était collateur - Mgr de Lovendhal était seigneur haut justicier de la paroisse, faisant partie du marquisat de la Ferté de Lovendhal - Les chanoines de Sainte-Croix avaient aussi droit de moyenne et basse justice".

"M. de Boisgibault, ci-devant grand maître des eaux et forêts avait le même droit à cause de son fief de la Rivière - Ces justices relevaient du baillage et présidial d'Orléans".

"En 1869, Ardon compte 607 habitants, dont 40 habitent dans le bourg et le reste dans les hameaux de la Rivière, du Pavillon, du Marchais-Lambert, du petit bois, du Vivier, de la Chaise, des bordes, ainsi que dans les terres et châteaux de Maisonfort, Boisgibault, Bélair, des Bordes, du Clos de Latouche, du Voxion, de la Tréponière, de Villorceau, de Villiers, de Marchais, de la Rousselière".

"La poste est à Olivet - Il y a foire le 25 juin - Les paroisses limitrophes sont : Mézières, Olivet, Saint-Cyr, la Ferté, Jouy - M. Balichon était curé d'Ardon quand la Révolution éclata - Il fut obligé de quitter la paroisse en 1794, mais il y laissa le souvenir de ses vertus et un don de mille francs, qui fut converti en rentes sur l'Etat".

"L'église, sous le vocable de Saint-Pierre et Saint-Denis, date du XVIème siècle - Elle a 26 m. de longueur sur 8 m. de largeur et peut contenir 350 personnes - Le cimetière, le presbytère, et l'école sont près de l'église - Le presbytère appartient à la commune, l'école est tenue par un instituteur - Les confréries du Saint-Sacrement, de la Sainte Vierge, les fêtes de corps d'état sont établies à Ardon".

On peut lire dans le Dictionnaire Biographique et Historique Illustré de 1910 ce qui suit :

 "La seigneurie d'Ardon releva du chapitre de Sainte-Croix d'Orléans jusqu'au XVIIIème siècle - A cette date, elle devient un fief du marquisat de La Ferté-Imbault".

"L'église est originale - On dirait que l'on a distrait le choeur et la nef en prenant la moitié de celle-ci, car il en est le prolongement, en ce sens qu'il compte de chaque côté deux fenêtres géminées comme la nef, sans compter la fenêtre en ogive de l'abside - L'autel est posé au milieu de ce prolongement - La nef est voûtée en berceau comme on les faisait après les désastres anglais - Sur les quatre fenêtres, trois sont de la période flamboyante, et la quatrième, plus ancienne, appartient au style rayonnant - Les deux latéraux, voûtés à nervures, aboutissent à deux chapelles en retrait du choeur, éclairées par des verrières et voûtées en cul-de-four avec des statues de Saints comme supports des voûtes".

"Parmi les châteaux historiques de Ardon, il faut noter : Boisgibault - Précédé d'une grande cour et entouré d'une grille, ce château n'a pas beaucoup de séduction, mais il est vaste et il porte le cachet architectural du règne de Henri II - Il appartient aujourd'hui à M. de Bengy de Puyvallée qui a marié sa fille unique à Adrien de Mathan, originaire de Normandie et petit fils du marquis de Mathan, ancien pair de France - De nombreuses terres ont été distraites de l'ancien domaine de Boisgibault, notamment les fermes de la Rivière, dont l'ancien château XIVème siècle fut habité en 1327 par Françoise de Sully, dame de Boisgibault, et son mari, Guillaume de Sully".

"Le château de Buglain a appartenu, avant la Révolution, à une des branches de la famille d'Orléans - La seigneurie était annexée au duché du même nom - Madeleine d'Orléans devint, le 22 vendémiaire an XII, propriétaire du château de Buglain, au titre d'héritière de sa mère, Françoise de Troyes, veuve de Jacques-François d'Orléans - Madeleine d'Orléans vendit ce domaine, le 25 août 1800, à Thomas-Philippe Lézier, conseiller à la Cour d'Orléans, qui le laissa à son neveu, Germain-Nicolas, avocat à la susdite Cour".

"C'est, des héritiers de Nicolas qu'en 1852, M. Dominique Delafon l'acheta - Ce dernier mourut en juin 1890, à l'âge de 80 ans, après une magistrature de 38 années à la mairie d'Ardon - Il laissait une veuve qui, âgée aujourd'hui de 85 ans, habite encore le château avec ses enfants - M. Dominique Delafon était maire au moment de la guerre - Il était à son poste quand les Allemands entrèrent à Orléans - Il vit un jour arriver chez lui, fuyant devant l'ennemi, le directeur de la Banque de France, son ami Henri Mareau - Il fuyait avec la caisse qu'il voulait sauver dans l'intérêt de la patrie envahie - Il demanda asile à M. Delafon - Mais, où cacher l'argent ? Après réflexion, ils le scellèrent en de grands flacons qu'ils bouchèrent hermétiquement et dissimulèrent dans les pièces d'eau des alentours du château, les retenant toutefois au rivage par des fils de fer, afin de pouvoir les retirer à volonté -  Le travail achevé, ils crurent avoir été vus - M. Delafon, dont la responsabilité, du moins morale, était grande, fit retirer les flacons et mit le trésor dans son coffre-fort - Le lendemain on eut un moment de vive émotion - On ne réussissait pas à ouvrir le coffre-fort et l'on redoutait la visite de l'ennemi - Enfin, M. Mareau put continuer son voyage - Plus tard, lors de la seconde occupation d'Orléans, M. Delafon rencontra sur la route, devant le château de Boisgibault, un groupe de cavaliers allemands - L'officier s'approcha et, ayant appris de M. Delafon qu'il était le maire de la commune, il lui demanda de lui dire dans quelle direction s'était retiré le groupe de francs-tireurs qui était passé par Ardon le matin - Devant le refus du maire de répondre à la question du commandant allemand, celui-ci le menaça de son revolver qu'il lui braqua  sur le visage - Tirez dit simplement le maire - L'officier, après une seconde de réflexion, abaissa son arme et se contenta de faire prisonnier M. Delafon, qu'il fit conduire à Orléans".

"Le château de la Rousselière est moins un château qu'un manoir, comme il en existe tant en Sologne, où les bois et les pins dominent, où le gibier est si commun et les chasses si belles - Ce manoir, qui appartient aujourd'hui à M. Houel, architecte à Paris, est plein de souvenirs de Laréveillère-Lepeaux, ancien conventionnel, ancien membre du Directoire - Il l'acheta le 13 messidor an XII, des époux Chauvet, alors qu'il habitait avec sa femme, Céline, née Boileau, le n° 85 de la rue Cherche-Midi - Le célèbre député arriva, à la Rousselière en septembre 1804".

"L'ancien président de la Convention, défenseurs des Girondins contre Danton, fut la cause de la fortune de Bonaparte, que Volney appréciait, et qui, en 1795, parlait d'aller prendre du service en Russie et en Turquie - Volney, ayant parlé du jeune général à Laréveillère-Lepeaux, les invita tous deux à déjeuner - Au cours du repas, le député eut le loisir d'examiner Bonaparte qui le séduisit par son air décidé et sa conversation - Il en parla le lendemain à Barras qui l'appuya - Bonaparte fit le 18 brumaire et devint premier Consul - Barras fut le second et Laréveillère-Lepeaux le troisième".

"Une partie du jardin du manoir subsiste encore - Elle était en forme de butte et plantée d'arbre baptisés de nom d'enfants ou d'amis - Mme Laréveillère-Lepeaux y avait posé une urne cinéraire pour lui rappeler sa petite Angèle, morte à sept ans - On y voyait un peuplier Ducis, du nom du poète, qui venait le voir chaque année - C'est de là qu'en 1805, il écrivit une lettre au peintre Girard qui lui avait fait son portrait - Il avait aussi celui de Laréveillère-Lepeaux que possède le musée d'Angers - On sait que Laréveillère-Lepeaux, membre de l'institut pour les sciences morales et politiques, était l'inventeur d'un culte : la Théophilanthropie - Il a suffit de mettre au jour ce culte nouveau en 1797, pour le faire tomber sous le ridicule -  Il a passé ses dernières années à la Rousselière dans la disgrâce et l'oubli -  M. Légier, député au Conseil des Cinq-Cents, a également habité le château de la Rousselière".

"Le peintre Jean Béraud a séjourné au rendez-vous de chasse du Télégraphe".

"Dans le parc du château de Maisonfort est un chêne séculaire, dit le chêne des Landes : une légende lui attribue un rôle dans de diaboliques mystères".

On peut lire dans l'Indicateur Général du Loiret de 1926 ce qui suit :

"Ardon tire son nom de la rivière de l'Ardoux sur laquelle il est situé - Au XVIIIème siècle, il faisait partie du grand archidiaconé d'Orléans - Le curé était à la collation de l'archidiâcre de Sully - Le seigneur de la Ferté en était haut justicier - Le chapitre de Sainte-Croix à Orléans et le sire de Boisgibault, seigneur de la Rivière, avaient le droit de moyenne et basse justice - D'après l'abbé Rouette, auteur de "L'Itinéraire de Jeanne la Pucelle", Jeanne d'Arc serait passée à Ardon en allant faire la levée du siège d'Orléans - Elle venait de Blois par Dhuizon, Villeny, où elle avait campé, et Ligny et Jouy - Certains auteurs assurent que le roi aurait logé au château de Villiers - Ardon actuel se trouve à la lisière de la Sologne - Le pays offre peu de ressources, mais, ses immenses taillis où miroite l'eau des étangs, font de la contrée l'une des plus giboyeuse des environs - L'ex-conventionnel Laréveillère-Lepeaux se retira à la Rousselière quand Bonaparte se fit proclamer empereur - Le poète dramatique Ducis le suivit dans sa retraite".

On peut lire dans les "Châteaux & Manoirs de l'Orléanais de 1997 ce qui suit :

"Bois-Gibault à Ardon - visible de la route - Ce château qui comprend un vaste corps de logis flanqué de deux ailes, fut construit en 1630 - Il a conservé ses communs et sa belle grille d'entrée - Vers 1510, il existait en ce lieu un manoir qui appartenait à Jean Maubert - Ses descendants le conservèrent jusqu'en 1680 - De 1717 à 1789, le domaine appartint à la famille Charpentier de Bois-Gibault - de 1807 à 1825, il fut la propriété de Mme Debelle - Il appartint au XIXème siècle, de 1825 à 1873, à Maurice Goujon, marquis de Gasville, conseiller d'Etat et préfet de l'Yonne - Vers 1900, il appartenait à M. Bengy de Puyvallée, puis à sa fille, comtesse de Mathan, dont les descendants le possèdent toujours".

"La Rousselière - Il ne reste qu'une partie de ce manoir qui appartint à Laréveillère-Lepeaux, qui fut le troisième consul".

Curiosités : L'église Saint-Pierre et Saint Denis, datant du XIVème siècle, a été rebâtie au XVIème siècle et agrandie en 1860 par le châtelain de Saint-Père dont les biens provenaient de l'ancienne mense - Son portail a cependant  gardé les caractères de l'art roman primitif - L'ancienne chapelle Sainte-Berthe du VIIème siècle sert aujourd'hui de remise - Le château de "Mussy" est construit sur les restes de l'ancien château.

Le château de Boisgibault vers 1630 - Les châteaux du XIXème de Villiers, de la Rousselière, de la Renardière, des Madères de Buglain - Le manoir du Marchais-Lambert du XVIème et XVIIème avec écuries et grange du XIXème - Le Manoirs des Bordes du XVIème - La Maison du Télégraphe du XVIIIème.

Ressources : Exploitation forestière - Céréales.

Animation et loisirs : Autrefois : Fête patronale - Saint-Denis, le 9 octobre ou le dimanche après - Aujourd'huiFête de printemps en mai - Fête de Saint-Denis en octobre. On y trouve divers étangs pour la pêcheUn circuit pédestre est aménagé - Le Golf de dix huit trous - Le Centre de balnéothérapie - Les bois du Télégraphe, de Maison fort - Un camping.

Hameaux et châteaux : Boisgibault - Buglin - La Bretandière - La Chancellerie - La Noue - La Petite Rousselière - La Renardière - La Tanière - Le Boury - Le Télégraphe - Les Madères - L'Ormoi - Maisonfort - Vaugeron - Villarceau - Villiers - Violette.

Bibliographie : Recherches Historiques sur l'Orléanais de l'abbé Patron de 1870 - Almanachs du département du Loiret de 1882 et de 1908 - Dictionnaire Biographique et Historique Illustré de 1910 -  Dictionnaire des Communes de 1926 - Indicateur Général du Loiret de 1926  - Annuaire général d'Orléans et des communes du Loiret de 1938 - Indicateur Général du Loiret de 1955 - Paroisses et Communes de France, Loiret de 1982 -  Guide Pittoresque du Voyageur en France, le Loiret de 1993, réédition de 1838 - Châteaux & Manoirs de l'Orléanais de 1997 - Divers Sites Internet - Bulletins municipaux - Dépliants communaux - etc...

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