COMMUNES DU LOIRET
COMMUNE - BELLEGARDE
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Bellegarde - 45270 - Chef - Lieu de Canton
Habitants - les Bellegardois
| 1876 | 437 hectares | 1 213 habitants | ||
| 1891 | "" | 1 209 habitants | ||
| 1911 | 437 hectares | 1 183 habitants | ||
| 1921 | "" | 1 192 habitants | ||
| 1931 | 437 hectares | 1 161 habitants | ||
| 1954 | 493 hectares | 1 116 habitants | ||
| 1962 | "" | 1 110 habitants | ||
| 1975 | 493 hectares | 1 455 habitants | ||
| 1990 | "" | 1 442 habitants | ||
| 1999 | 493 hectares | 1 558 habitants |
Distance de Paris : 114 kilomètres - Distance d'Orléans : 48 kilomètres
Distance de Montargis : 22 kilomètres
Cours d'eau : Rivière : La Bezonde
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Bellegarde - Variante orthographique : Soisy - Choisy-aux-Loges - Choisy-Bellegarde - Par décision royale du 28 juillet 1645, Choisy prend le nom de Bellegarde, quand la seigneurie est érigée en duché-prairie en faveur de Roger de Termes, duc de Bellegarde (abbé Bernois, Lorris-en-Gâtinais, Orléans, 1914, p. 400) - En 1790, Bellegarde, est chef-lieu de canton, pour ne plus en bouger - A cette époque, la commune fait déjà partie de l'arrondissement de Montargis - Bellegarde possède encore actuellement une enclave comprise entre Nesploy, Sury-aux-Bois et Quiers, section C, dite de la Madeleine de 186 ha et de 11 habitants en 1975.
On peut lire dans les Recherches Historiques sur l'Orléanais de l'abbé Patron de 1870 T.II, ce qui suit :
"Canton et Doyenné de Bellegarde : Bellegarde est situé sur la route d'Orléans à Montargis, près des sources de la Bezonde, à 24 kilomètres de Montargis et 48 d'Orléans - Son territoire, composé de 453 hectares, occupe le coteau fertile qui domine la vallée de Quiers, et produit des bois, des foins, des céréales, du vin, des fruits".
"A son origine, Bellegarde s'appelait Soisy et se divisait en Soisy-le-Viel, relevant de l'abbaye de Ferrières, et Soisy-le-Nouveau relevant du roi, à cause de ses châteaux et salles royales de Lorris le Boccage, dit l'historien Hubert".
"Soisy-le-Nouveau était probablement la paroisse actuelle de Quiers".
"Bellegarde a porté successivement les noms de Soisy, Choisy-aux-Loges, Choisy-Bellegarde, Bellegarde".
"Le bourg de Choisy-aux-Loges, dit dom Morin, est appelé ainsi, parce que c'était jadis le chemin des postes et le lieu où les marchands de Sully venaient établir leurs marchandises en de petites loges qui étaient en ce bourg".
"Le nom de Bellegarde date l'an 1646 - Voici à quelle occasion il lui fut donné - Le prince de Condé demandait au grand écuyer Roger de Tennes, duc de Bellegarde, la petite forteresse de Seurre-sur-Saône, à laquelle était attachés le titre de duché et le nom de Bellegarde - Roger n'y consentit qu'à la condition que le titre de duché-prairie et le nom de Bellegarde seraient reportés aux Choisy-aux-Loges ; ce que fit le roi Louis XIV la troisième année de son règne - L'acte de translation nous apprend que la terre ou comté de Choisy-aux-Loges comprenait les terres de Chailly, Auvilliers, Bélardin, Mézières, Fréville, Sury-aux-Bois, Beauchamps, le fief des Rüs et dépendances".
"L'origine de Bellegarde est ancienne - On dit qu'avant le VIIIème siècle, des religieux vinrent s'établir en ce pays, et y bâtirent une chapelle dont on voit encore les restes dans le sanctuaire roman de la belle église de Bellegarde, dont le choeur et la nef appartiennent à l'architecture de la fin du XIIème siècle".
"A cette époque, les seigneurs de Beaumont possédaient le château de Bellegarde".
"Comme il est difficile de se rendre d'un pays à l'autre à travers une plaine marécageuse, coupée par des étangs et des ruisseaux, les seigneurs de Beaumont établirent le grand chemin pavé, bordé d'arbres, qui partait du château de Beaumont".
"Dans ces temps anciens et pendant bien des siècles, Choisy-Bellegarde fut habité par les plus grands seigneurs et fréquenté par nos rois eux-mêmes, qui venaient en ces lieux se délasser et goûter les plaisirs de la chasse".
"Au XIIème siècle, dit Ronceray de Ferrières dans ses notices, Choisy était occupé par le roi Louis VIII, auquel succéda Philippe, duc de Valois, fils de Philippe VI, qui fit don de cette terre à Nicolas de Braque, en récompense de ses services, et par la même charte lui accorda les hautes moyenne et basse justices de la ville de Soisy".
"Cette terre a passé ensuite à la maison de l'Hopital avec Jeanne de Braque, fille unique de Nicolas de Braque".
"Henri IV érigea le comté de Soisy en marquisat, en faveur de Jacques de l'Hopital - Ce marquisat fut érigé en duché-prairie pour Roger de Tennes, premier duc de Bellegarde, qui mourut sans postérité, et laissa le duché à son neveu, Antoine Armand de Pardillan, marquis de Montespan, qui épousa la fille du marquis de Rochechouard, devenue la trop célèbre marquise de Montespan".
"Le fils unique de ce mariage, Louis-Antoine de Pardaillan de Gondrin de Montespan, premier duc d'Antin, hérita du château de Bellegarde, auquel il ajouta les immenses constructions des deux ailes, et qu'il embellit d'une belle fontaine et des deux rampes du grand escalier, construit par le Viel".
"C'est lui qui après s'être illustré à Philisbourg, à Manhein, à Mayence, à Montmélian, à Romillies et dans toutes les campagnes, sous Louis XIV, vit s'accumuler sur sa tête les titres de chevalier des ordres du roi, de lieutenant-général de ses armées et de la haute et basse Alsace, de gouverneur des villes et duché d'Orléans, pays Orléanais, Chartrain, Percheron, Sologne, et de bien d'autres faveurs qu'il serait long d' énumérer".
"A cette époque le château de Bellegarde était ouvert à toutes les grandeurs et à toutes les illustrations : les personnages de la cour, les princes, les rois, les hommes célèbres dans les sciences, dans les lettres, dans la magistrature, dans l'armée, s'y trouvaient réunis - Dans une lettre datée de Fontainebleau, Voltaire écrivait à Madame la présidente de Bernières, qu'il partait avec d'Antin pour aller saluer à Bellegarde le roi Stanislas - Arrivé au comble de la prospérité, le malheureux duc perdit la confiance et l'amitié du grand roi - Toutes les gloires du passé ne purent le consoler de sa disgrâce et des tristesses de l'exil - Il mourut à 71 ans".
"Le duché de Bellegarde fut vendu à Gauthier de Bézigny, président honoraire au parlement - Il ne goûta pas longtemps les délices de sa belle demeure - Il mourut accablé par la douleur profonde d'avoir vu son fils tué dans un duel".
"Gilbert des Voisins, président au parlement, fit l'acquisition de cette terre - Il avait acquis le titre de marquis de Bellegarde, quand vint la Révolution de 1789 - Bientôt après, comme tant d'autres, il portait sa tête sur l'échafaud, et sa seigneurie était confisquée et vendue comme bien national - Un habitant de Bellegarde en fut l'acquéreur - Il démolit le château et le vendit pierre par pierre - Ses héritiers continuèrent cette vente au détail, et au prix d'un franc chaque pierre".
"Ainsi fut détruit ce château magnifique par son architecture, la grandeur et le nombre de ses bâtiments - La pierre, la brique, le fer, le plomb, le bois, l'ardoise employés à sa construction, dit M. Boyard dans ses statistiques sur les communes de l'arrondissement de Montargis, auraient suffi pour construire une ville de trois mille âmes - C'était un beau monument et en même temps une source de prospérité pour la petite ville de Bellegarde - Il n'en resta plus que ses avenues, ses pièces d'eau, ses jardins dessinés par Lenôtre, et une vaste cour entourée d'écuries, de pressoirs et les constructions transformées en bâtiments d'exploitation agricole".
"En 1658, Jean Antoine de Gondrin, frère de Louis Henry de Gondrin, archevêque de Sens, fonda et bâtit un couvent de cordeliers au lieu où existait une chapelle dédiée à Saint-Marc - Cette communauté a été supprimée en 1769 - Ce lieu s'appelle toujours le Couvent - On y voit encore l'église, les cellules, le cloître transformés en bâtiments d'exploitation agricole".
"Le marché de Bellegard se tenait le lundi de chaque semaine - Il s'y tenait deux foires, l'une le 25 juin et l'autre le 1er décembre".
"Statistiques : Au XVIIIème siècle, Bellegarde, prieuré-cure de l'ordre de Saint-Augustin, était du diocèse de Sens, de l'archidiaconé et doyenné de Gâtinais, de la conférence de son nom, avait pour patronne la Sainte Vierge, et pour collateur l'archevêque de Sens, par son titre d'abbé de Saint-Jean-les-Sens - Le seigneur était M. Gilbert des Voisins - Bellegarde appartenait alors à la généralité d'Orléans, à l'élection de Montargis, au bailliage et au grenier à sel de Boiscommun et comptait alors 800 habitants".
"En 1869, Bellegarde compte 1 140 habitants".
"Les paroisses limitrophes sont : Quiers et Ouzouer-sous-Bellegarde".
"L'église, monument remarquable du XIIème siècle, sous le vocable de Notre-Dame et de Saint Sébastien, a 28 mètres de longueur sur 11 mètres 50 de largeur et peut contenir 500 personnes - Le portail est un beau modèle du style roman, riche d'ornementations - L'abside est de même style - Le cimetière et le presbytère sont auprès de l'église - Les écoles sont à 200 mètres - Le presbytère appartient à la commune - L'école des garçons est tenue par un instituteur ; l'école des filles par quatre soeurs de la Croix de Saint-André, établies en 1820 - En 1862, M. le curé Séjourné a fait dans l'église de belles réparations, en harmonie avec l'architecture de l'édifice".
"Curés : MM. Baudichon en 1802 ; Métivier en 1835 ; Robin en 1849 ; Séjourné en 1858".
"La confrérie du Saint Sacrement, fondée en 1549 par le cardinal de Bourbon, les confréries de la Sainte Vierge, du Saint coeur de Marie, du Saint scapulaire, de la propagation de la Foi, les fêtes des corps d'états, le chemin de la Croix sont établis à Bellegarde".
"L'église possède des reliques authentiques des Saints Liberon, Célestin, Chaste et Tranquilline - Il y a procession des reliques le jour de l'Ascension".
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On peut lire dans Promenades Pittoresques dans le Loiret, châteaux, monuments, paysages par M. Emile Huet, dessins de Paul Pigelet de 1887 à 1899 : Extraits :
"Bellegarde, le chef-lieu de canton actuel, est le nom relativement moderne de l'ancienne seigneurie de Choisy-aux-Loges dont on retrouve la trace dans l'histoire, au moins à la fin du XIIème siècle - En 1564 devenue comté entre les mains de Jean de l'Hôpital, puis marquisat en 1599 au profit de Jacques, son fils, elle resta ainsi entre les mains de cette famille illustre jusqu'en 1645 où le grand Condé l'acheta - Ce ne fut pas pour la posséder longtemps ; il la donna aussitôt à Roger de Saint Lary, duc et pair, en échange de sa propriété de Seurre-sur-Saône (Côte d'Or), qui constituait la duché-prairie de Bellegarde - La condition du troc était que la duché-prairie serait transférée sur le marquisat de Choisy - Des lettres patentes de décembre 1645, enregistrées le 26 juillet 1646, opérèrent le miracle et depuis lors Choisy s'appela Choisy-Bellegarde, puis Bellegarde - Les titulaires de sa seigneurie portent des noms illustres, car on compte parmi eux, de 1647 à 1776, Arman de Pardailhan, marquis de Montespan ; Louis-Henri, son fils, dont la femme fut la célèbre marquise, presque reine, Mme de Montespan ; leur fils, le célèbre duc d'Antin ; enfin, plus tard, en 1776, Gilbert des Voisins, le président du Parlement de Paris".
"Du XIIème, du temps de Choisy, il reste à Bellegarde, comme témoin incontestable, la façade de l'église ; c'est un grand portail de style roman flanqué de deux petites portes aveugles de style ogival - Ces dernières sont peu ornées, à l'inverse de la porte centrale dont l'ébrasement très profond ne comprend pas moins de six archivoltes supportées de chaque côté par trois grosses colonnes et les pieds droits qui les séparent - Archivoltes, colonnes et pieds droits sont couverts de sculptures du meilleur faire, où palmes, entrelacs, spires, feuilles, bâtons rompus, têtes humaines et cordes entrelacées se répètent symétriquement et forment un tout harmonieux - Ce portail a dû être peint car certaines feuilles portent encore des traces de coloration verte - Le tympan est, lui aussi, sculpté de feuillages enroulés ; sur le linteau qui le supporte on lit ces mots gravés en caractères latins : "Hic : fiunt : justi : vitiorum : so..." - On nous a donné la restitution suivante : "Hic fiunt justi, vitiorum sorde lavantur" - Cette lecture est fort plausible ; elle cadre en effet avec l'espace à remplir, avec le sens commencé par le vers et avec la prosodie nécessaire à la finir".
"Au dessus du rez-de-chaussée un retrait protégé par un petit toit compense l'ébrasement profond du portail - Puis, le premier étage est percé de trois fenêtres plein cintre : une grande au milieu avec archivolte double et deux petites avec une seule archivolte - Au dessus de ces baies, nouveau retrait protégé de même par un toit dallé, puis le pignon - Partant de ce second toit et allant jusqu'au sommet s'élève une longue colonnette engagée que termine aujourd'hui une croix en fer forgé".
"L'intérieur est évidemment de deux époques, contemporaine de celle du portail pour la nef, l'abside et la tour ; postérieure pour les deux transepts inégaux qui flanquent cette dernière - Quoiqu'il en soit de ces différences, l'ensemble est du plus grand intérêt - Les poutres et les arbalétriers peints de la nef sont bien éclairés par les fenêtres romanes haut perchées presque au toit ; le choeur au contraire est religieux et sombre malgré les ogives des transepts".
"Dans celui de droite une pierre tombale relevée le long du mur représente un chevalier armé, les mains jointes et la tête couchée sur un oreiller - L'inscription est malheureusement effacée, mais la tradition, qui semble établie, en fait le tombeau de Jean de l'Hôpital, seigneur de Choisy mort en 1429 - Un peu partout, dans la nef, des tableaux dont quelques uns ont sans nul doute de la valeur ; ils ont émigré du château à l'église".
"Le presbytère qui est tout à côté est ancien lui aussi et a toutes les allures d'un antique prieuré, avec son escalier à tourelle dans lequel ouvre une porte à ogive tréflée".
"C'est aussi à ce temps ancien qu'il faut reporter la construction première du donjon du château : dans les combles on retrouvait encore naguère un plomb daté de 1111 et sur les murs des inscriptions de cette époque - Mais si ses murailles et ses quatre poivrières peuvent se réclamer de cette lointaine origine, l'aménagement hexagonal de la motte entourée d'eau où il est construit, l'adjonction du contrefort carré qui le flanque à l'Ouest, les jardins qui l'accompagnent au Sud doivent être tout au plus du XVIIème siècle - C'est le duc d'Antin qui construisit les immenses communs à usage d'écuries, qui sont encore debout à l'Est du donjon, et toute une aile au Nord où l'on voit aujourd'hui la mairie et un café - Un sentiment de conservation louable, mais bien fait pour dérouter les curieux de l'histoire, a fait encastrer dans le mur de la mairie une pierre blanche sculptée d'une salamandre gigantesque ! - Enfin, du Président Gilbert des Voisins, il ne reste sur la face Sud du donjon qu'un escalier à double rampe construit en 1782 sur les plans de Viel, architecte de l'Hôpital général de Paris".
"Comment donc ont péri ces amas de splendeurs, cette ville de châteaux, ces mille tourelles et ces clochetons amoncelés comme nous le montre une gravure connue de C. Chastillon ? Comme ont péri leurs maîtres les Pardailhan, les Montespan, le grand Condé lui-même, et le Parlement et Gilbert des Voisins - Le temps est un rude démolisseur ! Fait-il bien de tant démolir et si rudement ? Quand la Révolution fit du château un bien national, il fut acquis par M. J. Durand - Durand le démolit à furieux coups de pioche, ce qui ne l'empêcha point de faire faillite après avoir perpétué son nom par un écusson fleuri à ses initiales mis au haut d'une grille en fonte malléable - Il est permis de regretter les fers forgés du duc d'Antin !"
"La ville de Bellegarde est assise au Sud du château, autour d'une jolie place triangulaire au sol légèrement en pente - C'est le centre de la vie commerciale de la petite cité - Dans un angle de la place, vers l'Est, s'élève la tour de l'église et dans le Nord fuit la grande route qui va vers Boiscommun".
"C'est du côté opposé, vers Beauchamps, que nous retournerons pour rejoindre la forêt - Au sortir de la ville on passe en les laissant à gauche devant des bâtiments de ferme qui furent autrefois, pendant le XVIIIème siècle, un couvent de Cordeliers : le lieu s'appelle encore le Couvent".
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On peut lire dans le Dictionnaire Biographique et Historique Illustré de 1910 ce qui suit :
"A l'origine, Bellegarde s'appelait Soisy-le-Vieil et relevait de l'abbaye de Ferrière".
"Dès le VIIIème siècle, des religieux vinrent s'établir à Bellegarde où ils fondèrent la chapelle dont on voit les restes dans le sanctuaire roman de l'église - Les seigneurs de Beaumont possédèrent la seigneurie de Soisy, et leurs châteaux, où fréquentaient les plus grands seigneurs et les rois de France, étaient reliés entre eux par des souterrains".
"Au temps de Louis VIII, la localité, par suite d'une meilleure prononciation française, s'appela Choisy, puis Choisy-aux-Loges remplaça tout à fait Soisy-le-Viel - Philippe de Valois, fils de Philippe VI, donna la terre de Choisy à Nicolas de Braque dont la fille unique, Jeanne, épousa Nicolas de l'Hôpital, seigneur de Nandy (Seine-et-Marne) - Erigée en comté, en 1564, en faveur de leur fils Jean de l'Hôpital, la terre de Choisy-aux-Loges fut érigée en marquisat, en 1599, en faveur de leur petit-fils, Jacques - En 1645, le grand Condé, qui possédait Chantilly, et peut-être cinquante autres seigneuries dans le royaume, l'acheta - L'année suivante, il proposa au grand écuyer, Roger de Saint-Lary, de lui échanger le marquisat de Choisy-aux-Loges contre sa forteresse de Seurre-sur-Saône qu'il convoitait, mais à laquelle était attaché le titre de duché-prairie de Bellegarde - Roger de Saint-Lary, duc de Bellegarde, consentit à la condition que Choisy-aux-Loges serait érigé en duché-prairie de Bellegarde, car il voulait emporter ses titres - Des lettres patentes royales, en date de 1646, le lui accordèrent - A partir de ce moment, Choisy-aux-Loges s'appela Choisy-Bellegarde".
"La seigneurie de Bellegarde fut acquise par Gauthier de Résigny, président honoraire au Parlement ; il mourut de chagrin après la mort de son fils, tué en duel".
"En 1776, Gilbert des Voisins, président au Parlement, fit l'acquisition de la terre de Bellegarde - A la Révolution, il porta sa tête sur l'échafaud - Le château fut vendu comme bien national".
"Louis-Mathurin Pingot, ancien régisseur du château, l'acheta - Il avait épousé Marie-Madeleine Chenon dont il avait eu un fils, Célestin - Le 22 août 1814, par-devant Maître Picard, notaire à Bellegarde, il régla sa succession - L'ancien domaine du duc d'Antin s'étendait sur plusieurs communes - La terre de Bellegarde échut au fils de Célestin, Pierre Pingot, qui s'était établi marchand de bois à Bellegarde - Pierre Pingot eut une fille, Louise-Félicité Pingot, en faveur de laquelle, son aïeule, Mme Louis Mathurin Pingot, demeurée veuve, disposa de son avoir personnel par devant Maître Chauvet, notaire à Ladon, et Maîtres Picard et Dupré, notaires à Bellegarde, tandis que, de son côté, Célestin Pingot réglait sa succession entre ses héritiers - Ce partage et cette donation s'étaient effectués le même jour, le 19 août 1820, devant les mêmes notaires - Melle Louise-Félicité Pingot épousa Julien-Simon Durand, marchand de Bois à Bellegarde - Les époux Durand, par acte passé devant Maître Cotelle, notaire à Paris, les 20 et 21 juin 1838, acquirent le château de Bellegarde et la plus grande partie des dépendances".
"Durand, plus tard, ayant fait de mauvaises affaires, fut mis en faillite - Il entraîna dans sa déconfiture son beau-père Pierre Pingot et la vente des biens s'effectua par autorité de justice - Félix Thiercelin, ancien notaire, demeurant à Bellegarde, représenté par Fernand Rousseau, en acquit une partie - Suivant jugement des criées du Tribunal civil de la Seine, en date du 8 mai 1845, par suite de surenchère, Charles-Louis Salmon, banquier à Montargis, acquit le surplus".
"Le deuxième morcellement de l'immense domaine des anciens ducs de Bellegarde, marquis de Pompadour et duc d'Antin, commencé en 1845, ne se termina qu'en 1860".
"Charles-Louis Salmon vendit successivement, le 19 mai 1845, le pavillon de la surintendance, construit en 1720, à Cosson, négociant à Paris ; le 18 mai 1846, la partie Est du pavillon d'Antin, élevé en 1717, à Démosthène Picard, demeurant à Bellegarde ; le reste de ce pavillon à gauche de la grille d'entrée de la cour d'honneur, le 27 juillet 1840 , à Dardy, entrepreneur de maçonnerie à Bellegarde ; le 7 juillet 1857, le pavillon capitaine Gauthier de Brétigny, bâti en 1760, au docteur Tartarin ; le 29 novembre 1847, le pavillon de la Salamandre, construit en 1727, à la commune ; le 29 mai 1848, le donjon et ses dépendances à Mme Durant-Pingot - Mais la maison de banque Béchet, Dethomas et C°, de Paris, avait acheté les mêmes biens suivant jugement du Tribunal civil de Montargis du 1er décembre 1851, en exécution d'une saisie pratiquée sur Mme Durand-Pingot, épouse séparée de biens, de sorte que la maison Béhet, Dethomas et C° fit vendre cette propriété elle-même à l'encan : l'enclos du jardin et de la garenne, la basse-cour et la ferme, le donjon, les douves, l'écurie, le pavillon de l'écuyer et du jardinier".
"Le donjon du pavillon actuel, qui est encore imposant, avec environ cinq hectares de terre autour du château, a été acquit le 17 décembre 1858, par M. Galopin, ancien notaire à Bellegarde - Son fils, Charles Galopin, l'occupe actuellement".
"Le pavillon de la Salamandre est occupé par la mairie et l'école des garçons ; le pavillon d'Antin appartient toujours aux représentants Dardy et Picard ; le pavillon Capitaine est toujours au docteur Tartarin ; le pavillon de l'Intendance est à Mme Pédron, la fille de M. Cosson ; l'ancien parc d'Antin est la propriété de M. Fernand Rousseau".
"Le château actuel de Bellegarde est flanqué de quatre tours à poivrières - Il comprend le donjon, qui était l'ancienne résidence seigneuriale du XIIIème siècle - L'escalier a été construit en 1782, par Gilbert de Seguins, sur les plans de Viel, architecte à Paris - Le reste est du XVIIème siècle - Le donjon a dû être construit au XIIème siècle, car on a retrouvé dans les combles un plomb, portant la date de 1111, et aussi des inscriptions de la période de transition".
"L'église, d'ailleurs, appartient dans son ensemble, au XIIème siècle - Le portail est d'un roman plein cintre superbe - Les archivoltes torses ou à dents de scie, ornées de festons et autres sculptures aussi fouillées que variées, correspondent à des colonnes ou à des pieds droits bien conservés - Le tympan, dont le linteau porte une inscription latine au trois quarts effacée, est également fouillé d'entrelacs - Deux portes ogivales aveugles encadrent ce portail qui est, croyons-nous, classé - Au premier étage, trois autres fenêtres plein cintre, à archivoltes et colonnes, décorent la façade - La tour est romane - La nef et l'abside sont de la période de transition - l'Ogive apparaît et s'impose dans les fenêtres du transept - Dans l'un d'eux, celui de droite, on voit la pierre tombale de Jean de l'Hôpital, mort en 1429 - Il porte l'armure d'un chevalier ; ses mains sont jointes et sa tête repose sur un oreiller".
"L'église contient quelques tableaux de prix donnés par les anciens seigneurs - L'ancien presbytère possède un escalier à tourelles, tel un manoir seigneurial".
"Au lieu dit le Couvent est une exploitation agricole qui est installée dans l'église, le cloître et les cellules d'un ancien couvent de Cordeliers, supprimé en 1769 - Il avait été fondé, en 1658, par le frère de l'archevêque de Sens, Jean-Antoine de Gondrin".
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On peut lire dans l'Indicateur Général du Loiret de 1926 ce qui suit :
"Bellegarde du Loiret - Bellegarde du Loiret autrefois appelé Choisy-aux-Loges ou Soisy, et chef-lieu d'un marquisat, reçut son nom actuel de Roger de Saint-Larry, duc de Bellegarde à Seurre, en Bourgogne, qui y transféra le siège de son duché-prairie en 1646 - Bellegarde passa en 1693 aux mains du duc d'Antin qui y fit élever de grandioses constructions en briques - Sa mère, Mme de Montespan, la célèbre favorite du roi Louis XIV y séjourna souvent - Sur la place du Marché, s'ouvre la grille du château dont il reste principalement le superbe donjon des XII et XIIIème siècles, avec sa façade Nord couverte de lierre - Magnifique perron côté Sud".
"Des constructions du duc d'Antin, il reste notamment le pavillon de la Salamandre, qui est de nos jours l'Hôtel de Ville, à l'intérieur duquel se trouvent, dans l'ancien salon du duc d'Antin, de superbes boiseries classées, du XVIIIème siècle, actuellement salle des séances du Conseil Municipal ; Les pavillons Capitaine de la Surintendance, du jardinier et de l'écuyer".
"Le pignon de l'église, très curieux, avec son beau portail roman, monument classé, date du XIIème siècle".
"A l'intérieur de l'église, voir : aux murs de la nef : Boiseries Louis XIV provenant de la chapelle du château ainsi que plusieurs beaux tableaux ; Descente de Croix par Lebrun ; Vierge aux Lys par P. de Cortone ; Sainte Famille par Maratta ; Saint-Jean sous les traits de Louis XIV enfant par Mignard".
"Musée Desvergnes, oeuvres du sculpteur Charles Desvergnes, grand prix de Rome, 131, rue de Vaugirard, Paris - Statue de Jeanne d'Arc, par Ch. Desvergnes, dans les jardins de l'Hôtel de Ville".
"Le 13 novembre 1918, un dépôt de grenades installé près de la gare de Bellegarde fit explosion - Un quartier de la ville fût en partie incendié et la plupart des maisons de la localité furent endommagées".
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On peut lire dans le Bulletin de la Société Archéologique et Historique de l'Orléanais de juillet 1985, N° 69 ce qui suit :
"Avant-propos : Les Tableaux de l'église de Bellegarde : Le château de Bellegarde fut acquis en 1692 par le fils de Madame de Montespan, Louis-Antoine de Pardaillan, marquis d'Antin, qui devait devenir surintendant des bâtiments en 1708 et duc d'Antin en 1711 - Aussitôt le nouveau propriétaire entreprit d'orner sa demeure de nombreux tableaux - originaux, répliques (1) ou copies (2), que sa charge d'intendant lui permettait de faire réaliser dans les ateliers royaux (3)".
"Après la mort du duc, les pièces des collections royales qui se trouvaient dans ses diverses résidences furent inventoriées et restituées à la couronne - Toutefois le château de Bellegarde ne fit l'objet d'aucun inventaire, ce qui lui permit de conserver l'essentiel des objets, en particulier les tableaux - Ceux-ci connurent ensuite quelques vicissitudes liées au sort du château lui-même - Le bâtiment dans lequel les oeuvres d'art avaient été rassemblées ayant été détruit sous Louis Philippe, l'abbé Méthivier, un prêtre érudit, put sauver les toiles à caractère religieux qu'il transféra dans l'église, celle-ci étant ainsi transformée en galerie de tableaux".
"(1) Une "réplique" est la reproduction d'une oeuvre d'art, souvent dans des dimensions différentes, faite par l'auteur lui-même ou par son atelier - (2) Des spécialistes, en atelier ou itinérants, pouvaient effectuer à la demande, des copies de toiles de maître - (3) Alfred et Jeanne Marie, dans leur ouvrage "Versailles au temps de Louis XV, édit° Imprimerie nationale, 1985, montrent à plusieurs reprises comment d'Antin profitait de sa charge pour s'attribuer des tableaux, des sculptures ou des meubles qui étaient restés inemployés ou même qu'il faisait faire pour son propre usage en les payant sur les fonds des Bâtiments (voir pages 293, 296, 324, etc.)".
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"Liste des toiles en possession de l'église de Bellegarde" :
"Une réplique d'atelier de la toile de Benedetto Gennari, 1633-1715 : "La Sainte Famille avec Sainte Anne et Saint Jean Baptiste tenant un agneau" - L'original du Musée de Dijon" : Le peintre bolonais fut attaché au roi d'Angleterre Jacques II qu'il suivit dans son exil en France, à Saint-Germain, en 1688 - C'est pendant cette période de Saint-Germain, sans doute vers 1691-1692, qu'il peignit une "Sainte Famille" - Jacques II fit don de ce tableau à Louis XIV pour le remercier de l'avoir accueilli à Saint-Germain - En 1695 le tableau se trouvait à Versailles - Il est actuellement au musée de Dijon" - La réplique de Bellegarde : "Le tableau de Bellegarde est une réplique parfaitement semblable à l'original - Elle fut exécutée dans l'atelier même de Gennari, sans doute à la demande de la marquise de Montespan pour son appartement personnel de Bellegarde - En effet Madame de Montespan, ayant aidé financièrement son fils, le marquis d'Antin, à acquérir le domaine de Bellegarde, s'y réserva un appartement qu'elle fit carreler à ses armes - De sa part, le choix du tableau de Genneri n'a rien d'étonnant : depuis l'affaire des Poisons, en 1679, à propos de laquelle son nom avait été prononcé, elle affichait une piété ostentatoire et, selon Saint-Simon, elle voulait donner des preuves d'une dévotion édifiante - En 1708, elle avait offert à l'abbaye de Fleury-Saint-Benoît, un chapelet en filigrane émaillé d'or qu'elle avait reçu d'Anne d'Autriche".
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"Une réplique réduite de Charles de Brun : "La Descente de Croix" - L'original du Musée de Rennes : Le maréchal de Villeroy, vers 1679, avait commandé à Le Brun, 1619-1690, une grande "Descente de Croix" pour sa chapelle familiale des Carmélites à Lyon - Quand il fut achevé, en 1684, le tableau intéressa le surintendant des Bâtiments, le marquis de Louvois, qui le demanda pour la collection royale, avec l'intention de la placer au-dessus de l'autel de la chapelle qui avait été commencée en 1673 dans le palais de Versailles, à la suite de l'appartement de Mme de Thianges - En attendant, le tableau fut déposé provisoirement au garde meuble royal, en même temps que la réplique réduite que, selon l'usage, Le Brun en avait exécutée - La réplique de Bellegarde : Vers 1717, le duc d'Antin, nouveau surintendant des Bâtiments, s'occupait de faire aménager une chapelle dans l'avant-corps Nord-Est de son donjon de Bellegarde - C'est alors qu'il remarqua dans les collections royales, où elle était oubliée depuis une trentaine d'années, la réplique réduite que Le Brun avait fournie en même temps que sa grande "Descente de Croix" - Il décida de l'utiliser dans sa propre chapelle et il fit faire, pour recevoir le tableau, un retable de bois sculpté, celui que l'on voit encore dans l'église de Bellegarde où l'ensemble a été transféré en 1776 - Cela à la suite d'un drame qui fit scandale à Bellegarde le 16 juillet 1775 - Ce jour là, le marquis de Bellegarde, Jules Gaultier, sieur de Bézigny, tua le prieur-curé de Bellegarde et Quiers en pleine messe dominicale dans l'église de Quiers-sur-Bézonde - Le don du tableau à l'église de Bellegarde fut l'une des réparations que l'on imposa à l'impétueux marquis - Vers 1900, le tableau fut remplacé par un "Saint Joseph" très sulpicien, mais il a désormais retrouvé sa place dans la chapelle sud de l'église - Très pieux, le duc d'Antin s'est toujours intéressé à ce sujet de la "Descente de Croix" - En 1710, par exemple, Volterra lui dédia la gravure de sa propre Descente de Croix".
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"Une copie libre de Pierre de Cortone : "La Vierge, l'Enfant Jésus et Sainte Martine" - L'original du Musée de Rennes : Un tableau représentant Sainte Martine offrant des lys à l'Enfant Jésus fut exécuté vers 1647 par Pietro Berrettini da Cortona, 1596-1669 - Il entra dans la collection de Charles Alexandre de Lorraine puis, en 1742, fut acheté par le roi - Il se retrouva au Musée du Louvre et fut mis en dépôt à Rennes en 1955 - De nombreuses copies en ont été faites, certaines à partir de la gravure, par Rousselet - Le Louvre en possède une qui était entrée dans la collection de Louis XIV avant 1683 - Une autre se trouve actuellement à Paris dans l'église de Bonne-Nouvelle - Le tableau de Bellegarde : C'est dans l'atelier royal et pour son compte personnel que le duc d'Antin fit peindre une adaptation assez libre du tableau de Pierre de Cortone - Selon Albert Babeau, dans "Les tableaux du Roi chez le duc d'Antin, Paris, 1903", d'Antin faisait travailler sans vergogne pour son compte personnel les meilleurs copistes des ateliers royaux, parmi lesquels François Stiemart, membre de l'Académie de peinture en 1720 ; Hélard et Bailly fils - L'hôtel d'Antin, rue Saint-Augustin à Paris, et toutes les autres résidences du duc aux Tuileries, à Versailles, à Fontainebleau, à Marly, étaient décorés de copies de tableaux faites aux frais du roi ou d'oeuvres placées en dépôt chez le surintendant des Bâtiments - Les cadres étaient également fabriqués dans les ateliers royaux - La Saint Martine portant le crochet de fer, instrument de son supplice, a été remplacé par une Sainte Solange, patronne du Berry, portant sa houlette - Deux agneaux ajoutés en bas à droite de la toile sont également venus donner à la scène un air plus pastoral - On voit nettement à l'extrémité du bâton la plaque métallique en forme de gouttière qui servait à lancer des mottes de terre aux moutons qui s'écartaient du troupeau - On dit, sans aucune preuve que le copiste avait donné à la Vierge le visage d'une Madame de Montespan triomphante, tenant dans ses bras le maître du monde, alors que la Sainte à ses pieds aurait les traits de Louise de La Vallière, rappelons que Mme de Montespan devint favorite en titre en 1670 et que Mme de La Vallière, devenue carmélite, mourut en 1710 - Pour ce tableau, le duc fit sculpter, sans doute dans les ateliers royaux, un cadre dont le fronton est orné d'un rameau de fleurs champêtres, attribut de la bergère Solange, d'un rameau de lys, attribut de la Vierge Solange, et de la couronne mystique fleuronnée d'étoiles - Ce cadre, sans doute doré à la feuille, a été badigeonné de gris sous Louis-Philippe par l'abbé Méthivier - Récemment on a eu l'idée curieuse de demander au garde-champêtre de Bellegarde d'y mettre une seconde couche de badigeon".
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"Un original attribué à Pierre Mignard : "Jean-Baptiste" - On sait que le peintre Pierre Mignard, 1612-1695, après son apprentissage à Borges puis à Paris, fit de longs séjours en Italie avent d'être rappelé en France par le roi en 1657 - Et l'on suppose que, dans les années 1645, soucieux de s'introduire dans les faveurs de la Cour royale, il peignit , en s'aidant de cartons et de gravures, quelques portraits de Louis XIV enfant dans l'attitude d'un SaintJean-Baptiste - Deux de ces tableaux attribués à Mignard se trouvent aujourd'hui dans le Loiret, l'un à Orléans et l'autre à Bellegarde - La toile de Bellegarde : Cette toile représente un Saint Jean Baptiste qui a les traits de Louis XIV vers l'âge de dix ans : elle aurait donc été faite aux alentours de 1648, c'est à dire pendant le séjour de Mignard à Rome - On ne sait rien de l'histoire de ce tableau qui se trouvait dans l'un des avant-corps du donjon de Bellegarde, démolis vers 1836-1842 - Sa forme ovale laisse supposer qu'il avait été utilisé comme dessus de porte, on sait que le duc d'Antin aimait ces toiles encastrées dans les boiseries et épousant leurs formes, dans le goût du temps, le cadre actuel étant d'époque Louis-Philippe - On peut seulement supposer qu'il est été donné à la jeune marquise de Montespan, dame d'honneur d'Anne d'Autriche depuis 1664 - La marquise, en se faisant offrir ce tableau, pouvait manifester, sans se compromettre, l'intérêt qu'elle portait au jeune monarque dont elle allait devenir la maîtresse en 1667 - C'est donc tout simplement par sa mère que le duc d'Antin serait entré en possession de ce tableau - La toile d'Orléans : c'est peut-être par l'intermédiaire de l'évêque Cambout de Coislin qu'une autre toile sur le même thème, attribuée elle aussi à Mignard, aboutit au Petit Séminaire de La Chapelle Saint-Mesmin près d'Orléans, sur cette toile, le Saint-Jean-Baptiste a les traits d'un Louis XIV plus jeune, âgé d'environ quatre ou cinq ans - Ce tableau se trouve actuellement à l'école Sainte-Croix, rue du faubourg Bannier, à Orléans".
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"Deux toiles d'Annibal Carrache : "Le Martyre de Saint Sébastien" - "Le Massacre des innocents" - Le duc d'Antin avait un intérêt particulier pour le peintre bolonais Annibal Carrache, 1560-1609, dont il avait réuni bon nombre d'oeuvres dans ses diverses résidences - De l'ancienne collection du château de Bellegarde ont été conservées deux toiles qui pourraient bien être des originaux du grand peintre de Bologne - A la mort du duc d'Antin, les toiles de son hôtel parisien, de son château de Petit Bourg, de ses appartements de Versailles, des Tuileries ou de Fontainebleau ont été restituées à la Couronne - En revanche, celles de Bellegarde n'ont pas été inventoriées, ce qui explique qu'un original de Carrache ait pu alors passer inaperçu".
"Le Martyre de Saint Sébastien" : La toile représente un Saint Sébastien percé de flèches lié à un tronc d'arbre qui se dresse devant un large paysage de collines à proximité d'une forteresse - Une oeuvre semblable en tous points se trouve depuis 1897 au musée de Quimper et le problème se pose de savoir laquelle des deux toiles est l'original, laquelle est la copie faite par les ateliers royaux - Or, certains arguments semblent autoriser à regarder le tableau de Bellegarde comme l'original - D'abord le tableau de Quimper est plus petit ; d'autre part, il est encadré d'une moulure dorée d'époque Empire, alors que le cadre de Bellegarde est d'époque, XVIIème siècle, et a été fait spécialement pour le tableau puisque le fronton, sculpté par les ateliers royaux, représente le carquois, l'arc et les flèches, instruments du martyre de Sébastien, ainsi que la couronne de lauriers, emblème de sa gloire céleste".
"Le Massacre des innocents" : L'attribution de cette toile à Annibal Carrache est moins sûre - Toutefois on y perçoit une analogie assez troublante avec un "Massacre des Innocents" d'Annibal Carrache conservé à la Pinacothèque de Munich - La seule différence est qu'à Bellegarde les personnages massacrés se trouvent ramassés au bas de la composition, dont ils occupent un tiers environ, et que les massacreurs, au dessus, sont noyés dans un ciel étonnamment sombre, alors qu'à Munich, tous figurés en un gros plan, ils ressortent moins vigoureusement sur le ciel".
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"Cinq copies des ateliers royaux : Quatre petites toiles sont des copies que le duc d'Antin fit exécuter sans doute par Stiemart - On reconnaît : "Une Annonciation" - "Une Vierge à l'Enfant" - "Un Saint Zosime donnant la communion à Sainte Marie l'Egyptienne" - "Un Saint Jérome en prière" - Une toile de grand format, dans la manière de Morillo, représente "La Vierge donnant le rosaire à Saint Dominique et à Sainte Thérèse".
"Saint Zosime, ou Sozime, fut un anachorète assez confidentiel vivant en Egypte au début du IVème siècle - Il communia, sur le soir de sa vie, Marie l'Egyptienne qui, pour sa part, fut longtemps plus célèbre - Elle vécut de 345, environ, à 421 - Elle se livrait à la plus noire débauche quand une vision, sur le seuil de la basilique du Saint-Sépulcre, à Jérusalem, vint la convertir à de meilleurs moeurs - Pendant 47 ans, elle mena ensuite dans les déserts d'Egypte une vie érémitique infiniment plus édifiante que la première partie de son existence - Sa légende fut très populaire - On la connaît surtout illustrée par Memling, hôpital de Saint-Jean de Bruges, par les admirables statues conservées à Ecouis, à Saint-Germain l'Auxerrois et dans la chapelle du château de Châteaudun - Sa dernière communion par l'office de Zosime a été peinte par Lorenzo di Credi, musée de Berlin, et par Philippe de Champaigne, musée de Tours - Marie l'Egyptienne était fêtée le 2 avril - Il n'est pas impossible qu'Anatole France ait songé à elle, ainsi qu'à Zosime, quand il créa les personnages de Thaïs et de Paphnuce".
"Saint Jérome : naquit en Dalmatie vers 347 - Il fit ses études à Rome où il fut baptisé - Il voyagea en Gaule, puis passa trois ans en ermite dans le désert de Chalcis avant d'être ordonné prêtre - Il fut ensuite, à Rome, secrétaire du pape Damase et se fixa à Bethléem où il fonda un monastère - Ce fut un chrétien passionné, un ascète impitoyable, un travailleur acharné, auteur de traductions de la Bible, de commentaires bibliques, d'homélies et d'ouvrages de polémique religieuse - A cause de ses rapports avec le pape Damase, les peintres ont pris l'habitude de le représenter avec le manteau rouge et le chapeau de cardinal".
"C'est à Saint Dominique, 1170-1221, que remonte l'exercice de piété appelé rosaire, d'après la couronne de roses dont on ornait la tête de la Vierge, couronne qui portait aussi le nom de "chapeau" ou "chapelet" - Il consiste à réciter trois chapelets de prières, c'est à dire quinze dizaines, en méditant sur les grands épisodes de la vie du Christ tels que les a vécus sa Mère - Cet exercice simple convenait pour des fidèles ayant une culture à la fois rurale, populaire et orale - Le pape Pie V fixa au 7 octobre la fête de Notre-Dame du Rosaire".
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"Une toile votive forestière d'origine locale : Une curieuse toile votive, sur le mur Nord de l'église, semble dater du début du XVIIème siècle, les costumes sont d'époque Henri IV - Louis XIII - Elle fait allusion à trois Saints guérisseurs et semble en rapport avec les craintes qu'inspirait alors la grande forêt des Loges toute proche - On y voit un petit Saint-Hubert agenouillé devant le cerf miraculeux - Or il faut savoir que Saint-Hubert, qui est devenu ensuite le patron des chasseurs, était tenu pour guérir de la rage et des morsures d'animaux, des loups notamment - Le deuxième Saint est un grand Saint Roch accompagné d'un chien et d'un ange - On dit que Saint Roch vivait solitaire dans la forêt : blessé, il fut guéri par un ange ; affamé, il fut nourri par un chien - On l'invoquait contre la peste et les maladies contagieuses - D'autres détails du tableau, un énorme cheval noir et sauvage, deux branches d'arbre sectionnées et saignant l'une et l'autre, nous semble évoquer un troisième Saint forestier et guérisseur - Ils feraient en effet allusion à Saint Julien l'Hospitalier, dont la légende a été racontée au XIIIème siècle par Jacques de Voragine - Julien, dont le destin était de tuer son père et sa mère, vécut seul dans la forêt - Au cours d'une nuit terrible, il abandonna sa monture et massacra tout ce qu'il vit - Après son crime, il rencontra un lépreux qu'il soigna et qui n'était autre que le Christ Rédempteur - De ce fait, Julien devint le patron des léproseries, en particulier de celles qui existaient dans la forêt des Loges, non loin de Bellegarde".
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On peut lire dans les Châteaux & Manoirs de l'Orléanais de 1997 ce qui suit :
"Bellegarde : Mairie - visite d'une partie de l'intérieur - La petite ville de Bellegarde s'appelait autrefois Soisy-le-Viel qui devint plus tard "Choisy-aux-Loges - Philippe de Valois donna cette terre à Nicolas de Braque qui devint ensuite grand argentier de Jean le Bon et de Charles V, et qui construisit le donjon entre 1355 et 1388 - Sa fille unique, Jeanne, l'apporta en dot à Jean de l'Hôpital - La seigneurie fut érigée en comté en 1564 en faveur de Jacques de l'Hôpital, 1578-1635 - Cette famille allait ainsi garder Choisy pendant trois siècles et neuf générations - Mais en 1645, la veuve de Nicolas de l'hôpital, Maréchal de France, complètement ruinée vendit Choisy à Roger de Saint-Larry, duc de Bellegarde - Comme ce dernier titre était attaché à la forteresse de Seurre-sur-Saône qu'il abandonnait, Roger de Saint-Larry demanda au roi d'ériger Choisy en duché-prairie, ce qui lui fut accordé en 1646 et à partir de ce jour, la ville s'appela Choisy-Bellegarde - Mais Roger de Saint-Larry mourut la même année sans postérité et le duché revint à son neveu Jean-Antoine de Pardaihlan qui laissa son château à l'abandon - Sa veuve le céda en 1692 à son neveu Louis-Charles-Antoine de Pardaillan de Montespan, né en 1665, fils légitime de Mme de Montespan ; il avait le titre de marquis d'Antin et il s'illustra dans les guerres de Louis XIV, fut lieutenant général des Armées, gouverneur de l'Orléanais et devint duc d'Antin en 1711 - C'est lui qui agrandit et embellit Bellegarde - Il mourut en 1736 - La seigneurie fut ensuite achetée en 1757, à la mort du troisième et dernier duc d'Antin par Gauthier de Bésigny, président honoraire du Parlement, qui le vendit en 1776 à Gilbert des Voisins, président au Parlement, qui périt sur l'échafaud - Le château, vendu comme bien national, fut acheté par Louis Mathurin Pingot, l'ancien régisseur du domaine, qui le transmit à sa famille - Puis le domaine fut morcelé à la suite de diverses actions judiciaires - Un ancien notaire de Bellegarde, M. Galopin, fut le dernier occupant du donjon qui appartient maintenant à la commune".
"Le château de Bellegarde comprend le donjon du Moyen-Âge, haute construction carrée flanquée aux angles de tourelles en encorbellement selon un mode de construction commun dans la région à cette époque - Ce donjon a subi de nombreuses altérations au XVIIIème siècle : de larges baies ont été ouvertes et un perron à double rampe a été ajouté sur la façade méridionale en 1782 par Gilbert de Voisin - Autour de ce donjon, le duc d'Antin avait fait construire d'autres bâtiments : à gauche le pavillon d'Antin a été modifié ; à droite le pavillon de la Salamandre qui sert de mairie est resté intact - La salle du Conseil a conservé ses magnifiques boiseries - Un grand corps de bâtiment prolonge ce pavillon ; il contient deux vastes cuisines et se termine par la tour dite du Capitaine - Les communs ont aussi été conservés et on reconnaît le pavillon du jardinier et les grandes écuries".
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Curiosités : L'église Notre Dame, du XIIème, Presbytère, dans l'ancien prieuré du XVème siècle - L'hôtel de Ville dans le pavillon de la Salamandre représentant une partie de l'ancien château du duc d'Antin - Le donjon du Moyen-Âge -
Personnage célèbres : Charles-Jean-Cléophas Desvergnes, 1860-1928, sculpteur.
Ressources : Petites et moyennes entreprises - Céréales - Polyculture.
Animations et loisirs : Autrefois : Fête patronale - Saint-Martin, le lundi de Pâques, le dimanche qui suit le 15 août - Foires, le lundi de Pâques, le lundi après le 20 janvier, le lundi après le 3 mai, le lundi après le 25 juin - Marché : les lundis - Grand marché syndical de veaux, les dimanches à 13 heures - Louée - le 1er dimanche de juin - Aujourd'hui : Marché le lundi - Foire de trois jours à Pâques - Village fleuri : trois fleurs - Ballades dans les bois de la Madeleine - Camping.
Hameaux : La Baraudière - La Madeleine - La Maublancherie - La Petite-Île - Le Parc - Les Plolicettes - Les Vallées - Châteaux : de Bellegarde, donjon et dépendances.
Bibliographie : Recherches Historiques sur l'Orléanais de l'abbé Patron de 1870 - Almanachs du département du Loiret de 1882 et de 1908 - Promenades Pittoresques dans le Loiret, châteaux, monuments, paysages par M. Emile Huet, dessins de Paul Pigelet de 1887 à 1899 - Dictionnaire Biographique et Historique Illustré de 1910 - Dictionnaire des Communes de 1926 - Indicateur Général du Loiret de 1926 - Annuaire général d'Orléans et des communes du Loiret de 1938 - Indicateur Général du Loiret de 1955 - Paroisses et Communes de France, Loiret de 1982 - Guide Pittoresque du Voyageur en France, le Loiret de 1993, réédition de 1838 - Bulletin de la Société Archéologique et Historique de l'Orléanais, "Les Tableux de l'Eglise de Bellegarde (Loiret) Tome IX, N° 69, juillet 1985 - Bellegarde et ses Environs, Guide, Société Archéologique de l'Orléanais pour le Syndicat d'Initiative de Bellegarde, supplément du N° 4 du Bulletin - Châteaux & Manoirs de l'Orléanais de 1997 - Divers Sites Internet - Bulletins municipaux - Dépliants communaux - etc....