COMMUNES  DU  LOIRET

- COMMUNE -

- SAINT-BENOÎT-SUR-LOIRE -

 

- Saint-Benoît-sur-Loire - 45730 - Canton d'Ouzouer-sur-Loire -

- Habitants - Les Bénédictins -

1876   1 750 hectares   1 585 habitants
1891   ""   1 548 habitants
1911   1 750 hectares   1 400 habitants
1921   ""   1 318 habitants
1936   1 750 hectares   1 322 habitants
1954   ""   1 308 habitants
1962   1 750 hectares   1 440 habitants
1975   1 827 hectares   1 790 habitants
1990   ""   1 880 habitants
1999   1 827 hectares   1 876 habitants

 Distance d'Orléans  : 32 kilomètres - Distance de Giens : 32 kilomètres

Distance d'Ouzouer-sur-Loire :  16 kilomètres

Cours d'eau : Rivières : la Bonnée & la Simiare - Ruisseau : le Tizy

Saint-Benoît-sur-Loire ou Fleury-sur-Loire : Situé sur la rive droite de la Loire - Anciennement "Floriacum", "Fleury", lieu où se déroulaient les assemblées nationales des gaulois -   Cette cité a été le siège d'une station romaine, on  a retrouvé dans le sol des restes de constructions gallo-romaine. Ville très populaire jadis, elle a possédé au temps des Carolingiens une université florissante - Ses écoles ont compté cinq mille écoliers venus de tous les points du monde - Les moines arrivés au VIIème siècle, s'installent après avoir défriché la région, ils fondent en 650, un monastère de bénédictins dans lequel le moine Aygulfe fit transféré  du mont Cassin, les restes de Saint-Benoît vers 653 - L'abbaye devint donc un centre d'études important et s'enrichit très rapidement sous la direction de Théodulphe évêque d'Orléans et conseiller de Charlemagne, qu'il reçoit à Orléans le 5 juin 800 - 

Variantes orthographiques : Fleury-sur-Loire : Fleury-Saint-Benoît : Saint-Benoît-lez-Fleury : Saint-Benoi(s)t : sous la Révolution Benoît-sur-Loire -  Procès verbal de délimitation du 1er juillet 1806 et du 23 février 1832 - Grenier de Sully avant le 1er octobre 1748, lettres patentes du 4 juin 1748 -

Le monastère subit de nombreuses dévastations au IXème siècle  par les Normands en 864 et en 866 - Rétabli en 868 par l'abbé Théodebert, et entouré de murs, de tours et de fossés sous le règne de Louis-d'Outremer, en 953, il fut incendié en 1026 - Philippe 1er y fut enterré en 1148 - Il subit les assauts de la guerre de cent ans, Jeanne d'Arc y fit un pèlerinage et y eut une entrevue avec Charles VII - Après s'être relevé de leurs cendres, ses bâtiments conventuels sont de nouveau brûlés par Condé  pendant les guerres de Religions - Richelieu y introduisit la savante congrégation de Saint-Maur et modifia les aménagements intérieurs des XVème et XVIème siècles - Vint la Révolution qui vendit tous les bâtiments conventuels qui furent démolis peu après, excepté la basilique qui fut convertie en église paroissiale - En 1792, elle est déclarée  propriété nationale - Il reste encore des ruines de l'abbaye royale de Saint-Benoît fondé vers 630.

Dispersés en 1790, les moines bénédictins reviennent après la seconde guerre mondiale, en 1944,  et se réinstallent dans la basilique pour mener leur vie conventuelle selon la règle de Saint-Benoît. - Depuis 1959, le prieuré a retrouvé le rang d'abbaye -

Curiosités : Visible de loin, depuis les bords de Loire, l'église abbatiale de pur style roman construite du début du XIème, 1023, à la fin du XIIème siècle est bien conservée -  Elle est l'une des plus belle de France - Ce "vaisseau de pierre", est  un véritable enseignement par la pierre, il est précédé d'une tour-porche que l'on doit à l'abbé Gauzlin, il se compose de douze colonnes  flanquées de quatre autres colonnes dont les chapiteaux sont sculptés avec des scènes différentes - Le choeur roman comporte un dallage formé d'une mosaïque italienne du temps de François 1er - Le transept est du XIème siècle - La nef de style ogivale primitif est du XIIIème siècle - Le retable est du XVIIème siècle - Les stalles datant de 1413 sont surmontées de dais sur lesquels sont sculptés des figures symbolisant les péchés capitaux - La Sacristie se pare de boiseries offertes par le Cardinal de Richelieu - Le tombeau de François 1er, refait au XVIIIème siècle , est formé d'une dalle portant la statue du roi et reposant sur quatre lions - Une plaque commémorative de la visite de Jeanne d'Arc est apposée sur un mur - La crypte du XIème siècle, restaurée,  contient le tombeau de Saint-Benoît, patron de l'Occident - A présent, elle est transformée en musée.

La chapelle Sainte-Scholastique date de 1873 - La fontaine et l'oratoire Saint-Sébastien datent quant à eux de 1865 - Le musée lapidaire se trouve dans l'abbaye - Au Hameau du Port, et face à la Loire les anciennes escales des mariniers de Loire contemplent le grand fleuve -  Maison du XIIème siècle avec trois remarquables fenêtres romanes - Maison du XIIIème siècle, dite des "Templiers" ou "collège de la Croix Blanche" - L'hôtel de la Madeleine est composé de bas-reliefs préromans -

Personnages : Max Jacob (Quimper 1876 - Camp d'internement de Drancy 1944), peintre et critique d'Art, poète - L'enfance de Max, quatrième enfant  d'une famille qui en comptera six, semble se dérouler normalement - Il mena une vie de bohème avec Picasso et Modigliani - Il conjugue tous les talents, imitateur incomparable, Max est aussi un comédien qui aurait pu réussir une belle carrière - A tous ces talents, on peut ajouter le piano et la chanson Converti au catholicisme, il sera baptisé le 17 février 1915, sa vie peut désormais s'organiser en conséquence - A partir de 1916, il participe ou bien il est représenté dans les manifestations poétiques dans le salon de Paul Poiret ou dans l'atelier d'Emile Lejeune - Il obtient des succès auprès de la jeune génération, celle de Cocteau, Radiguet, Artaud, Malraux, Pascal Pia ou Florent Fels - Aragon trace son portrait sous le nom de "Jean Chipre" dans "Anicet" ou le "Panorama" -  Il se révéla un précurseur du surréalisme dans le "Le carnet à Dés" en 1917 - Il se lie d'amitié également avec de grands musiciens tel que Erik Satie qui met en musique en 1919, "Les enfants qui vont jouer sur les marches" - Deux ans plus tard, c'est Francis Poulenc pour quatre autre poèmes -

L'événement marquant de cette période est le départ de Max Jacob en juin 1921 pour Saint-Benoît-sur-Loire - Las de la vie parisienne, pauvre, en désaccord avec lui-même sur son mode de vie, Jacob fuit les tentations de la capitale pour s'installer pendant sept ans dans un village paisible de l'Orléanais - Exil, rupture, retraite ? - Sur les conseils de l'abbé Frédéric Weill, professeur de mathématiques à Orléans au collège Sainte-Croix, à qui il confie son désir de vivre ailleurs et autrement, Jacob s'installe dans le presbytère, puis dans le monastère de Saint-Benoît - il se retira à Saint-Benoît-sur-Loire jusqu'en 1928 - De 1928 à 1936, retour à Paris - De 1936 à 1944, il revient définitivement à Saint-Benoît-sur-Loire où il rencontre de nouveaux amis tels que Roger Toulouse, Jean Rousselot - Ses anciens amis lui rendent visite comme Picasso le 1er janvier 1937 ou Cocteau accompagné de Jean Marais en février 1938, et du poète Paul Eluard en avril 1942  - Il recevait la visite de Salmon deux fois par an -

Sur place, il prend plaisir à établir des relations familières avec les habitants du village qui l'adoptent et l'invitent à leur table au moment des fêtes, communions et mariages : Le garagiste, le menuisier, le camionneur, le coiffeur ou bien la postière - "Pour les habitants de Saint-Benoît, Max était le "Parisien" - Il étonnait les uns, inquiétait un peu les autres, la plupart l'aimaient, tous étaient familiarisés avec sa silhouette" (Andreu, 1982, p. 232 - Pierre Andreu cite le passage d'une lettre de Max Jacob à la princesse Ghika du 18 mai 1936) -

La seconde guerre mondiale qui s'annonce redoutable pour tous et rend les conditions de vie de plus en plus difficiles, éprouve particulièrement Max Jacob et sa famille - Une succession de deuils familiaux lui fait attendre inexorablement son tour qu'il pressent depuis 1936 - La mort naturelle de sa mère le 19 novembre 1937, l'arrestation et la mort de son beau-frère à Compiègne en mars 1942, la disparition de sa soeur Delphine à Quimper le 15 avril 1942, morte de chagrin, l'arrestation, la déportation et la mort de son frère Gaston le 16 février 1943 à Auschwitz, l'arrestation, la déportation et la mort de sa soeur préférée Myrté-Léa le 25 janvier 1944 - Cette liste déjà longue, est ponctuée par l'arrestation de Max Jacob lui-même, le 24 février 1944 à Saint-Benoît, pour une déportation à Auschwitz, qui sera interrompu par sa mort brutale des suites d'une pneumonie, à Drancy, le 5 mars 1944.

Ressources : Céréales - Pommes de terre - Polyculture - Gastronomie : "Croquets de Saint-Benoît" et "Moinillons", bombons en sucre cuits réalisés par les moines de l'abbaye.

Animations et loisirs : Fête communale, le jour de l'Ascension - Fête patronale dite de Saint-Loup le 1er dimanche de novembre - Pèlerinages de Saint-Benoît en mai et en juillet - Concerts dans la basilique en mai et juin - Brocante le 4ème dimanche d'avril - Feu de la Saint-Jean fin juin - Le mois Max Jacob en mars -  Artisanat - Sociétés sportives - Centre hippique - Camping - Plage de sable et paysage dans le site naturel de la Loire - Office du Tourisme dans la "maison Max Jacob" - Offices en chant grégorien à 12 heures en semaine et à 11 heures les dimanches et jours de fêtes - Basilique illuminée les samedis et dimanches durant l'été.

Hameaux : Beaumont - Cherelles - Fleury - Nombureau - La Chapelle Sainte-Scholastique - La Motte-le-Roy - Lazy -  Le Bourgneuf - Le Cas-Rouge - Les Boutons - Les Braudins - Les Forges - Les Noues - Les Places - Les Prouteaux - Saint-Clément - Tizy.

Bibliographie : Indicateur Général du Loiret de 1926 et de 1955 - Annuaire général d'Orléans et des communes du Loiret de 1938 - Almanachs du département du Loiret de 1882 et de 1908 - Dictionnaire Biographique et Historique Illustré de 1910 - Divers Sites Internet - Dictionnaire des Communes de 1926 - Paroisses et Communes de France, Loiret de 1982 - Guide Pittoresque du Voyageur en France, le Loiret de 1993, réédition de 1838 - Bulletins municipaux - Dépliants communaux - etc....

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