COMMUNES DU LOIRET
- COMMUNE -
- SAINT-MAURICE-SUR-AVEYRON -
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- Saint-Maurice-sur-Aveyron - 45230 - Canton de Châtillon-Coligny-
- Habitants - Les Saint-Mauritiens -
| 1876 | 5 376 hectares | 1 701 habitants | ||
| 1891 | "" | 1 680 habitants | ||
| 1911 | 5 376 hectares | 1 507 habitants | ||
| 1921 | "" | 1 288 habitants | ||
| 1936 | 5 376 hectares | 1 228 habitants | ||
| 1954 | "" | 1 114 habitants | ||
| 1962 | 5 376 hectares | 1 042 habitants | ||
| 1975 | "" | 820 habitants | ||
| 1990 | 5 376 hectares | 721 habitants | ||
| 1999 | "" | 769 habitants |
Distance de Montargis : 26 kilomètres - Distance de Châtillon-Coligny : 7 kilomètres
Cours d'eau : Rivière : L'Aveyron -
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Saint-Maurice-sur-Aveyron : Variantes orthographiques : Saint-Maurice-sur-Laveron - puis : Saint-Maurice-Lavron ou Avron et encore : Maurice-sur-Laveron pendant la Révolution - En 1790, Saint Maurice dépendait du canton de Châtillon-sur-Loing jusqu'en 1801- C'est en 1975, qu'elle dépend du canton de Châtillon-Coligny, pour ne plus en bouger - L'ordonnance du 27 avril 1832 rectifie les limites entre Saint-Maurice-sur-Aveyron et Marchais-Breton dans l'Yonne -
C'est à tort que l'on orthographie "Aveyron", il résulte, en effet, d'actes notariés anciens qu'il faut écrire "Avéron" - L'Aveyron étant une rivière du département de ce nom et non une rivière du Loiret - Aveyron : Lavion au 12ème siècle, Laveron au 18ème siècle, Saint-Maurice-Super-Averionem.
Saint-Maurice-sur-Avéron est un lieu essentiellement historique - Il est, d'ailleurs, placé entre Châteaurenard et Châtillon-Coligny qui, tous deux, ont joué un grand rôle dans l'histoire de France - La cité remonte aux premiers siècles de l'ère chrétienne - En ces temps reculés vivait là une population considérable - Les seigneurs furent ceux de Châtillon-sur-Loing ou ceux de Châteaurenard - De même que cette dernière localité, Saint-Maurice avait son château d'en haut et son château d'en bas - On les appelait "l'Infernat " - Il ne reste plus trace de l'Infernat d'en bas, situé près de la rivière, et qui fut le domicile de l'argentier Jacques Coeur, après sa disgrâce - Le souvenir du grand financier du règne de Louis XI vit encore dans ses arrière-neveux, car il en reste - L'Infernat d'en haut a appartenu à Jacques de Bracque et aux Montmorency-Luxembourg, seigneurs de Châtillon-sur-Loing.
Sur le territoire de Saint-Maurice-sur-Aveyron se trouvait l'abbaye cistercienne de Fontainejean, fondé par le seigneur Milès de Courtenay en 1124, dont on a conservé les registres de catholicité suivants, en plus des registres paroissiaux - Cette abbaye située à trois kilomètres du bourg et où l'on se rendait des quatre coins de l'Europe, contenait quatre vingt cellules de l'ordre de Cîteaux, avec de spacieux dortoirs et des dépendances sans fin - Son église était renommée - Le maître-autel était richement parsemé de fleurs de lys- Les princes de Courtenay avaient choisis ce monastère pour lieu de sépulture de leur famille - En 1617 et 1637, les frères Jacques et Jean de Courtenay s'y faisaient inhumé à côté de l'autel, sous un riche mausolée à colonnes de marbre noir surmonté de leurs deux statues - Ils étaient agenouillés et drapés dans des manteaux de cour - Au XVIIIème siècle, Hélène de Courtenay, la veuve de Louis de Bauffremont, la dernière descendante de la maison française de Courtenay, mourait à Paris, et son coeur était transporté à Fontainejean en 1768.
Parmi les abbés de Fontainejean, il convient de citer d'abord un rejeton des comtes de Nevers, alliés du reste aux Courtenay, Guillaume, qui devint archevêque de Bourges - Il avait été élevé par Pierre l'Ermite, son oncle - Quant il mourut en 1209, l'abbaye comptait 200 religieux et 400 étudiants - Mais Robert Knolles, avec ses Anglais, détruisit ce monastère florissant qui, à partir de 1370, se mit à péricliter lamentablement - Pour vivre, les moines vendaient des ornements d'église et louaient leur terres.
L'abbaye fut alors transformée en commende et le fameux évêque de Beauvais, Odet de Coligny, devint son premier abbé commendataire, en 1551 - Il en fit dresser la cartulaire - Mais, bientôt converti à la religion réformée, il la laissa piller, en 1562, par les soldats de son frère Dandelot - L'église abbatiale avait été restaurée par le célèbre architecte Gabriel - Les révolutionnaires les dévastèrent - En 1790, il ne restait plus que trois religieux - Après les meubles, l'église elle-même était vendue, en 1794, avec cette clause qu'elle serait démolie - Sous le premier empire, les ruines de Fontainejean étaient encore intactes et telles que les avaient laissées les révolutionnaires de 1790 quant les couvents furent supprimés - Mais, en 1810, celui qui les avait acquises, au titre de bien national, démolit le choeur et le sanctuaire et en vendit les pierres un franc pièce - Ce fut une véritable curée - Tout fut éparpillé - On voit des restes de Fontainejean dans les églises des alentours et même chez maints particuliers de la région - Il est superflu d'ajouter que les tombeaux de ceux des Courtenay inhumés là ainsi que les tombes des religieux ont été détruits et leurs sépultures et leurs colonnes vendues.
En 1834, il restait encore de l'église quatre piliers et une grande arcade ogivale - Celle-ci s'écroulait, en 1862, et l'un des piliers disparaissait, en 1890 - N'importe, les ruines restantes, sans parler des autres ruines, sont magnifiques - Il faut se figurer deux étages de colonnes superposées où trois piliers à chapiteaux, soutiennent les constructions à demi-romanes, à demi-ogivales, l'abbaye ayant été édifiée pendant la période de transition, en plein XIIème siècle - Le portail avec ses arcades et ses moulures superposées par d'élégantes colonnettes accouplées, conserve son cachet inaltérable - Les débris du péristyle sont eux-même fort beaux - Bien qu'une partie de ces ruines aient été transformées en granges et que, tout autour, on ait le spectacle d'arcades et de voûtes s'effritant, on demeure saisi par la majesté du lieu au souvenir de tant de siècles d'histoire ensevelis sous ces décombres.
Dans l'ancienne église, en ruine, la piété et le goût d'un pasteur zélé ont conservé une grille venant de l'abbaye de Fontainejean, trois des colonnes de marbre du tombeau des Courtenay, bienfaiteurs de l'abbaye fondée en 1124, et des reliques des Saints - Au cours des fouilles effectuées, en 1858, on a découvert dans les ruines, des fragments de statues et des ossements - On y voyait toujours en 1910, une plaque derrière laquelle a été déposé le coeur d'Hélène de Courtenay, princesse de Bauffremont - A la Révolution, l'acquéreur de ces ruines et de la bibliothèque de Fontainejean, M. Mésange, transmit les papiers, cartulaires, registres et manuscrits de l'abbaye, à son fils, mort sans enfants - Ils sont devenus ensuite la propriété de M. Coeur de l'Etang, à Fontainebleau, et de M. de l'Isle, à Nogent-sur-Vernisson - Dans ces papiers a été trouvé le contrat de mariage d'Odet de Coligny, cardinal de Châtillon, avec Isabelle de Hauteville, l'ancienne suivante de Louise de Savoie - Cet acte porte la date du 1er décembre 1564.
Curiosités : L'église Saint-Maurice n'a pas d'aspect, mais elle a un caractère antique - Son portail est roman - Ses piliers, trapus, ronds, à chapiteaux et tailloirs ornés de figures grimaçantes presque effacées par le temps, sont au moins du XIème siècle, ainsi qu'une porte en bois servant de petite entrée - Le choeur est du XIIIème siècle - La voûte est du XIVème siècle - Un ancien sanctuaire désaffecté comprend un alliage de roman et d'ogive avec clef de voûte blasonnée - Des transformations eurent lieu aux XVème et XVIème siècles - Il reste également du XVIème des fenêtres ayant perdu leurs décors - Les restaurations durèrent jusqu'au XXème siècle - Le portail latéral date du XXème siècle - L'église possédait trois chapelles latérales, dont il ne reste actuellement plus rien - En effet, au moment de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, en 1905, la paroisse n'ayant pas les moyens de restaurer son église, les chapelles menaçant ruines, s'effondrèrent, et la restauration se fit au moindre coût.
Vestiges de l'abbaye de Fontainejean devenus presque invisibles de par la haie qui entoure la propriété privée - Le château de l'Infernat d'en haut.
Aux abords de l'ancienne rue des Juifs, on voit la maison qu'habita dame Corneille, belle-soeur du grand poète qui, en raison de cette parenté, vint composer quelques-unes de ses tragédies dans le bois voisin - La maison était alors la plus belle de l'endroit - Elle conserve son antique aspect et semble cuirassée de bois - L'escalier de l'extérieur a fait place à un escalier intérieur qui conduit au premier étage - La galerie du premier a disparu aussi et sa porte d'entrée, dont on voit encore le loquet, a été muée en croisée - Des parois ont divisé l'ancienne et unique pièce, carrelée de briques sous les pieds de planchéiée de chêne au dessus de la tête - Les poutres du temps serrées les unes contre les autres à moins de dix centimètres, existent toujours ainsi que la la haute cheminée encadrée de deux colonnes à chapiteaux, mais dans laquelle le goût moderne a encastré une cheminée plus petite - La dame de Corneille avait à sa mort, légué cette maison à la paroisse pour en faire une école de filles à laquelle succéda une école de garçons - L'instituteur habitait le rez-de-chaussée et l'école était au premier étage.
Ressources : Céréales.
Animations et loisirs : Fête communale : le dimanche qui précède le 24 juin - Fête patronale : le 22 septembre ou le dimanche suivant - Chasse - Pêche.
Hameaux : Bel-Air - Fontainejean - La Breuille - La Grande-Breuille - Les Boisseaux - Les Carillons - Les Dorsoirs - Les Frébitons - Les Fontaines - Les Glaives - Les Guidus - Les Plots - Les Rosses - Loisy - Maurepas.
Bibliographie : Indicateur Général du Loiret de 1926 et de 1955 - Annuaire général d'Orléans et des communes du Loiret de 1938 - Almanachs du département du Loiret de 1882 et de 1908 - Dictionnaire Biographique et Historique Illustré de 1910 - Divers Sites Internet - Dictionnaire des Communes de 1926 - Paroisses et Communes de France, Loiret de 1982 - Guide Pittoresque du Voyageur en France, le Loiret de 1993, réédition de 1838 - Bulletins municipaux - Dépliants communaux - etc.....