COMMUNES  DU  LOIRET

- COMMUNE - SARAN -

 

- Saran -  45770 - Canton d'Ingré -

- Habitants - Les Saranais -

1876   1 964 hectares     1 303 habitants
1891   ""     1 337 habitants
1911   1 964 hectares     1 426 habitants
1921   ""     1 621 habitants
1936   1 964 hectares     1 853 habitants
1954   ""     2 450 habitants
1962   1 964 hectares     4 386 habitants
1975   1 965 hectares     8 757 habitants
1990   ""   13 601 habitants
1999   1 965 hectares   14 799 habitants

Distance d'Orléans : 6 kilomètres - Distance de Paris : 110 kilomètres

Saran : Variantes orthographiques : Saram dans un manuscrit du milieu du XIIème siècle -   En 1790, Saran dépendait du canton de Gidy - En 1801 la commune dépend du canton d'Ingré - De 1806 à 1973 la commune dépendait du canton d'Orléans Nord-Ouest,  puis en 1975 du canton de Fleury-les-Aubrais - Enfin la commune revient au canton d'Ingré. - D'après une note du curé dans le registre paroissial, en 1791, la population se trouve être de 1089 habitants.

Saran est un antique "Sarro magos" ou : "champ du Gaulois Sarros" - Le terme gaulois de "magos", désignait à l'origine des villages agricoles peuplés de serfs, en générale des étrangers dont on avait conquis le territoire mais que l'on avait pas exterminés - Comme les "magos" servaient aussi souvent de lieux d'échanges, le mot prit le sens de "marché agricole" puis, progressivement, celui de "ville".

Le site de Saran a été occupé dès l'Antiquité - Deux voies gallo-romaines très importantes, passaient par la commune et bifurquaient aux Aydes : l'une vers Paris par Artenay, l'autre vers Chartres par la Beauce - Vergnaud-Romagnési rapporte qu'on trouva en 1664, le 1er avril, à Saran, sur l'ancien chemin de Chartres, une médaille rabbinique - Lors de travaux, des vestiges d'une implantation protohistorique et gallo-romaine, furent mis à jour - Au XIXème siècle, dans la tranchée de l'embranchement ferroviaire de la ligne de Pithiviers des monnaies romaines, un mortier de marbre blanc et des dés de mosaïque, furent découverts - En 1901, à la Montjoie, 2600 petits bronzes frappés à l'effigie de Tetricus sont mis au jour - En 1962, ont découvre cette fois lors des travaux d'adduction d'eau sur l'ancienne route de Chartre, des haches préhistoriques qui ont été confiées au musée d'Orléans - A la fin des années 1960, lors du creusement du lac de la Médecinerie, le chantier à révélé des fours de potiers, des tessons de poteries vernissées, des objets préhistoriques,  gallo-romain et médiévaux contemporains des fours - Dès le Haut Moyen Âge en effet, sur la commune, un centre de potiers succède à l'habitat gallo-romain, car se trouvaient sur le cite, la terre glaise à poterie et, pour les fours, le bois tout proche de la forêt d'Orléans.

La commune se répartie en deux sections : la section du Bourg et la section des Aydes, quartier urbain qui pénètre comme un coin dans la ville d'Orléans et touche la commune de Fleury-les-Aubrais. - Jusqu'à la moitié du XXème siècle, Saran était  essentiellement une commune rurale - en 1962, on compte 4 502 habitants et en 1975, la population atteint  8 921 habitants - Autrefois les Saranais étaient considérés comme des gens miséreux vivant dans une commune très pauvre - L'équipement était faible et les habitants se ravitaillaient en eau par les puits jusque dans les années 1950 - Toutefois, contrastant avec l'ensemble rural de la commune, le secteur urbain des Aydes regroupait surtout des artisans et des commerçants dont l'activité fut longtemps en rapport avec la vigne, tel que : tonnellerie, commerce du vin et du vinaigre - De ce fait, des conflits ont subsisté durant plus d'un siècle entre Les Aydes et le reste de la commune, les nécessités de la vie quotidienne étant différentes d'un secteur à l'autre.

Il faut dire ici, que "Les Aydes" se situent à la fois sur les communes d'Orléans, de Fleury-les-Aubrais et enfin de Saran, à la hauteur de la "Vieille Chapelle" et du monument commémoratif de 1870 de Desvergnes pour ce dernier - L'église, qui ne se préoccupe pas des limites communales, a vu, dans cette densité déjà ancienne de la population des Aydes, une nécessité de créer deux paroisses, et, à environ cent mètres de la "Vieille Chapelle des Aydes", elle a élevé, en 1722, sur le territoire d'Orléans, une "Nouvelle Chapelle des Aydes" - La "Chapelle neuve" est voûtée en berceau - Enlevée sur trois nefs dans le goût mi-Renaissance, mi-Byzantin, elle a plutôt l'aspect d'un temple que d'une église et reste, en regard aux édifices religieux traditionnels, hors de tout classement - C'est ce qui fait son originalité.

Quand on qualifiait, autrefois, les habitants de "Sangliers de Saran", on faisait sans doute allusion à ceux du Bourg, qui ont l'air de s'isoler des grands centres et de vivre à l'écart - Ce qui est certain, c'est que le curé, qui desservait la paroisse de Saran à la veille de la Révolution, avait été menacé plusieurs fois dans son presbytère par les malandrins et qu'ayant demandé son changement, il n'avait jamais pu l'obtenir, parce qu'à l'évêché, on ne trouvait pas un prêtre qui voulût aller le remplacer - Alors il avait abandonné son domicile et était allé vivre en société ailleurs - Ce qui est vrai aussi, c'est qu'en ce temps là, les habitants ne se rendaient pas aux champs sans avoir, avec eux, leurs fusils chargés - Mais ces moeurs existaient dans d'autres pays - En tout cas, il est évident qu'aujourd'hui tout est changé - Saran est devenu une commune tranquille.

L'urbanisation a changé le visage de la commune, elle est devenue une ville de  l'agglomération orléanaise, comme Saint-Jean-de-la-Ruelle, Fleury-les-Aubrais ou Saint-Jean-de-Braye.

Curiosités : La Chapelle Vieille : En réalité, la vie de la Chapelle Vieille commence au XIIème siècle par une léproserie nommée "Domus Piéla", la maison peinte - Cette chapelle appelée "Notre Dame la Peinte", fut brûlée pendant la guerre de Cent Ans - Sur l'emplacement de la première, une seconde chapelle fut édifiée vers la fin du XVème siècle, nommée alors "Notre Dame des Aydes. Elle devint un lieu de pèlerinage très fréquenté par les Orléanais pour la guérison des "écrouelles", abcès d'origine tuberculeuse atteignant surtout les ganglions du cou -  C'est le maréchal de la Châtre, gouverneur d'Orléans, qui au cours d'une épidémie de peste où il avait fermer les portes de la ville pour que personne n'entre, fit agrandir la chapelle, pour la transformer en maladrerie supplémentaire pour les pestiférés - Cette épidémie de peste avait valu à Notre-Dame-des-Aydes, la visite du roi de France, Henri III, qui, le 19 mars 1584, établi à Orléans les  confréries des pénitents blancs et des pénitents bleus - Après avoir entendu la messe à l'ancienne chapelle du Martroi à Orléans, devenu la Halle aux blés, il se rendit, suivi de toute sa cour et des confréries nouvelles, en pèlerinage à Notre-Dame-des-Aydes - L'édifice a beaucoup souffert des guerres de Religions.

La Chapelle Vieille : qui est le troisième édifice, celui que nous connaissons, remonte au XVIème siècle - Bénite le 18 novembre 1590, elle a été constituée en paroisse en 1851, par Mgr Dupanloup - En 1863, le curé Chaumuseau, ayant réuni des subsides particuliers suffisants, embellit la "nouvelle église" et y ajouta un clocher - Deux retables de Renaissance italienne y sont conservés et ils sont classés - Pendant la Révolution, l'église fut simplement fermée et se retrouva intacte à la réouverture officielle des églises au XIXème siècle - Cependant, en 1910, il reste de la deuxième chapelle,  des pans de murailles, le tronc des pauvres, un retable, une piscine, la grande nef, qui est du XVIème siècle, et la nef latérale qui est de 1636 - Le portail latéral est daté de 1590 -  On y voyait un vitrail représentant le terrible combat du faubourg Bannier, en 1870, avec la mort du commandant Arago et, au milieu des soldats luttant ou agonisant est un prêtre qui secourt les blessés et bénits les agonisants - Ce prêtre, alors vicaire de la paroisse, s'est retiré en 1910, chez son frère, M. Hermet, curé à Olivet - Malheureusement, ce vitrail fut détruit lors des bombardements de 1944 -  Sur la façade, au dessus de deux tronc extérieurs, on peut lire sur une plaque de marbre blanc, cette inscription : "En ce lieu, le 11 octobre 1870 sous le feu d'un effroyable bombardement, 6 000 Français de l'Armée de la Loire, se dévouant pour la défense d'Orléans et l'honneur de la France, ont arrêté et refoulé jusqu'au soir, le choc de 45 000 Prussiens, 300 payèrent de leur vie cette résistance héroïque" - La chapelle servit de redoute, fortification isolée, aux soldats français résistant courageusement face à l'ennemi - Cette église lieu cultuel fut désaffectée et fermée vers 1970 - Aujourd'hui, la Chapelle Vieille revit en lieu culturel - La commune l'a aménagée en véritable théâtre, "le Théâtre de la Tête Noire".

Le monument commémoratif de la défense d'Orléans de 1870  : Pénétrant entre Orléans et Fleury-les-Aubrais, le monument fait office de figure de proue de Saran, il est élevé sur l'ancienne place de la Bascule, où se trouvait autrefois la bascule d'octroi, péage des marchandises - L'inauguration du 30 avril 1899 a donné lieu à une manifestation patriotique à laquelle ont pris part M. Rabier, député d'Orléans ; Mgr Touchet, évêque d'Orléans ; le colonel Beaugé, délégué du ministre de la Guerre, et M. Gabriel Debacq, avocat d'affaires de la Cour d'appel de Paris, maire de Saran, qui ne pouvait pas ne pas être présent, attendu que le monument était dressé aux Aydes sur le territoire de la commune - Le monument est l'oeuvre du sculpteur Charles Desvergnes, il est érigé "à la mémoire de tous ceux qui, civils ou militaires, ont pris part à la défense de leur ville et laissé leur vie pour la patrie en octobre et décembre 1870" : extrait du procès-verbal de la réunion du Conseil Municipal de Saran du 14 juin 1897 - En effet, lors des combats d'une extrême violence, les habitants du quartier des Aydes qui vivaient un véritable cauchemar, ont fait preuve de dévouement et de courage, pour secourir les blessés - "De deux à sept heures du soir, on s'est battu aux Aydes ; les combats sont acharnés ; dans les moindres excavations, derrière une lucarne, un tas de planches chez le charron, dans l'embrasure de la porte de l'épicier, de toutes les maisons, du clocher de l'église et des toits, les soldats tirent sur l'ennemi jusqu'à ce qu'ils soient eux-mêmes mortellement atteints".

"D'ailleurs, pas un coin de Saran n'a échappé à la tourmente - Tout le pays fut pillé - Les maisons des Bordes furent brûlées - Au surplus, les habitants avaient fui sous les obus - Le château de la Poterie, à la comtesse de Ham, fut encore celui qui avait le moins souffert - Tous les habitants qui étaient rencontrés étaient emmenés par les Bavarois à la suite de la colonne - Ligottés, attachés les uns aux autres, frappés à coups de crosse et à coups de sabre, puis entassés pêle-mêle à la caserne Saint-Charles d'Orléans - Ils étaient accusés d'être des francs-tireurs et d'avoir un jeune chef - On faisait allusion à un élève du lycée, dont les galons de l'uniforme étaient, suivant eux, ceux d'un officier de corps franc - Le jardinier du Colombier, qui était un véritable franc-tireur et portait, sous sa blouse, son pantalon de toile bleu enfoui dans ses bottes, et un ancien gendarme, franc-tireur déguisé en civil, furent traduits tous deux devant un conseil de guerre allemand présidé par un Bavarois, au nom à désinence française : Von Parseval - Ils furent condamnés à être fusillés - L'un deux, ayant demandé à voir un prêtre, le curé de Saint-Marceau, Vittet, se présenta à lui, s'enquit de ce qui s'était passé et prévint Mgr Dupanloup qui intervint auprès du général Von der Thann - Les malheureux furent élargis - Un des matins suivants, tous les autres prisonniers, habitants de Saran, furent retirés de la caserne Saint-Charles et conduits dans la cour où on les laissa dans la peur que leur dernière heure était venue, puis on les relâcha - Mais la terreur avait été si forte que quelques-uns d'entre eux en moururent et que d'autres ne firent plus que végéter à partir de ce moment" - Reprise du  "Dictionnaire Biographique et Historique Illustré de 1910".

"Pendant quelques semaines, après les combats d'octobre, les habitants, qui avaient caché leurs bestiaux dans les bois des environs, s'y réfugièrent aussi - Ils étaient pourchassés de chez eux par les Allemands qui y cantonnaient, détruisant les mobiliers, enfonçant les cuves pleines de vendanges, se conduisant en apaches et en barbare - Entre les deux occupations d'Orléans par l'ennemi, pendant tout le mois de novembre, il y eut, au château du Colombier, un service de ballons pour l'armée de la Loire - Tissandier, dont les comptes rendus ont été appréciés, avait fait son installation sur la grande pelouse située au sud du Colombier - Il effectuait des ascensions en cet endroit pour surveiller toute la plaine de Beauce - Lors de la reprise d'Orléans, en décembre, par l'ennemi, l'établissement de ce poste de ballons attira l'attention des officiers allemands - La ferme de la Montjoie, dépendante du Colombier, et d'autres fermes des environs furent incendiées - Les fossés de la Montjoie étaient comblés par les corps des tués qu'on recouvrait seulement de quelques pelletées de terre - Le Temps pluvieux qui suivit fit de ces amas de cadavres mal inhumés un charnier dangereux pour la santé publique - La "variole noire" s'ensuivit  et nombre de familles de Saran, épargnées par les obus, s'éteignirent" - Reprise du  "Dictionnaire Biographique et Historique Illustré de 1910".

"Nous nous sommes un peu appesanti sur Saran, parce que, à la porte d'Orléans, cette localité nous a présenté le seul type de commune rurale et urbaine qui nous permit d'esquisser un tableau à peu près complet des horreurs que la guerre de 1870 a fait souffrir en détail à la France entière - Horreurs qui furent aggravées , à Lailly et à Chilleurs par exemple, par ce fait atroce que les Allemands poussaient dans les incendies les habitants pour les voir brûlés vifs et, ailleurs, par cet autre fait odieux, qu'ils outrageaient les épouses, les mères et les jeunes filles et tuaient les enfants au berceau - Si jamais guerre fut de nature à inspirer la haine et à développer le patriotisme français, c'est certainement cette guerre affreuse, faite sans préparation, où quelques-uns de nos généraux trahissaient le pays par secrète hostilité à la République, oubliant que c'était la France qu'ils livraient aux vainqueurs en se livrant eux-mêmes, parfois sans combattre, avec leurs armées, leurs canons et leurs drapeaux" - Reprise du  "Dictionnaire Biographique et Historique Illustré de 1910".

"Ils faut que nos enfants méditent sans cesse ces violentes leçons données à leurs pères, qu'ont envoyait à la "boucherie", sans souliers, sans vêtements, sans équipement, sans armes, ni munitions, en plein hivers, par plusieurs degrés de froid au-dessous de zéro, au cours de cette guerre - De pareilles méditations retremperont toujours les courages chancelants, les coeurs apeurés, et fortifieront ceux que soixante ans et plus, de souvenirs cuisants n'ont pas encore déterminés à sacrifier la France dans l'intérêt d'un parti politique ou d'une théorie métaphysique" - Reprise du "Dictionnaire Biographique et Historique Illustré de 1910".

Malheureusement, la leçon à tirer ne fut pas entendue, deux autres guerres suivront : celle de la première guerre mondiale de 1914/1918 où les 59 noms des disparus seront inscrit sur la face d'une stèle de marbre gris située à côté de l'église du bourg, avec l'épitaphe suivante : "La Ville de Saran Reconnaissante" - Sur un des côtés, 15 noms seront ajoutés, rappelant les disparus de la seconde guerre mondiale de 1939/1945 - Dans le cimetière du bourg un monument aux morts de la guerre de 1870 a été réutilisé pour la guerre de 1914/1918 - C'est un obélisque de pierre blanche gravé d'une croix latine peinte en rouge - Dessous l'inscription : "A la Mémoire des Soldats Français Morts pour la Patrie, 11 8bre et 4 Xbre 1870" - Dans la partie basse du monument, deux plaques de marbre blanc gravées de lettres rouges : "Hommage aux Enfants de Saran Morts pour la Patrie 1914/1918" suivi des 59 noms Initialement, une plaque gravée des 59 noms inaugurée le 24 juillet 1921, était posée au cimetière des Aydes à proximité du monument du Souvenir français rappelant les combats de 1870 - On a ajouté sur ce monument les dates de "1914-1918 et 1939-1945 - Le 16 juin 1940, les Allemands occupaient en effet la commune de Saran et surtout le terrain d'aviation - Pendant cette période, comme tous les Français, les Saranais ont connu l'exode, les tickets de rationnement, les couvre-feux, la mise entre parenthèses de la vie publique et collective - Certains d'entre eux ont vécu les années d'occupation dans des camps de prisonniers ou de déportation - Du mois de mai au mois d'août 1944, les bombardements de la gare des Aubrais n'épargnèrent pas Saran, et plus particulièrement les quartier des Aydes dont la population se réfugiait la nuit chez les exploitants agricoles de la communes - Des bombes sont tombés sur tout le territoire faisant notamment deux morts au bois Joly et de nombreuses victimes aux Aydes - Le 15 août 1944, un train de munitions allemandes stationné à la Foulonnerie, était bombardé par les alliés - Le 16 août, les alliés entraient dans Saran par la Nationale 20, pour libérer Orléans.

L'église Saint-Martin : Quant à l'église du bourg de Saran, elle fut brûlée pendant les guerres de Religion - On la remplaça, au XVIème siècle, par la chapelle du château fort seigneurial - Située dans le Bourg, au lieu dit "La Motte", sur le tertre, lieu de justice, elle fut agrandie pour devenir église paroissiale - Les soubassements nord sont du XVème siècle - En 1867 des transformations importantes changèrent la physionomie de l'église - On bâti le clocher surmonté d'un toit à quatre pans, on fit une grande nef à laquelle on ajouta un latéral sud qui date de 1865, deux fenêtres furent percées - L'église possède cinq travées - Au milieu du XIXème siècle, en 1835, un télégraphe Chappe de la ligne Paris-Bordeaux était placé sur le toit de l'église du Bourg de Saran - Il émettra jusqu'en 1853 - Le clocher servira à l'abbé Laurent, d'observatoire pendant la guerre de 1870, pour renseigner les troupes françaises, à l'aide de signes convenus - L'église fut prise deux fois, le 11 octobre, par les Bavarois, et le 3 décembre, par les Prussiens, qui s'en sont servis pour entasser leurs prisonniers - Un soir, le curé constata qu'on lui avait dérobé son mobilier tout neuf pendant qu'il faisait le guet - On lui avait emporté jusqu'à son lit, il dut coucher sur la dure - Quelques jours après, un habitant du pays vint se confesser à lui, il avoua son vol et le remords qu'il en éprouvait - Le confesseur, ému l'exhorta vivement à lui restituer ses meubles - Il le promit, mais n'en fit rien - Le curé se trouva alors à connaître son voleur - "Il m'a volé mon mobilier, disait-il, et je ne peux le ravoir sans le dénoncer. Or, si je le dénonce, je trahis le secret de la confession que je ne dois pas trahir" - Le curé dut racheter un autre mobilier tandis que son voleur continua de jouir sans inquiétude du fruit de son méfait - En 1962, l'abbé Lemaire, curé de la paroisse, entreprend de mettre en évidence une arcature du XVème siècle, témoin le plus ancien de la bâtisse - Dans l'église, des objets trouvés dans les murs lors de la restauration de l'édifice en 1991, sont exposés - On y découvre également un autel découvert dans le bois des Sablons et qui proviendrait de la chapelle de la Chiperie - Les cloches, actionnées électriquement furent baptisées : Martin, Anne, Elisabeth, Françoise.

La salle des fêtes : Construite près de l'église du bourg,  fut mise à disposition des habitants de la commune en février 1955 - Ce qui en soit permis aux familles et aux associations de se réunir et d'y organiser des fêtes.

Le château de l'Etang et son domaine : Construit au XVème siècle, le château fut d'abord une maison carrée qui connaîtra pendant plus de cinq siècles différents propriétaires - C'est vers la moitié du XIXème siècle que l'un d'eux entreprend le remaniement de la bâtisse dans une architecture à la fois Second Empire et solognote - Vers 1900, le jardin d'hiver ou la serre, de type Baltard fut ajouté - Le permis de construire date de 1896 - Propriété de la ville depuis 1983, le château fut restauré pour devenir un lieu culturel où de nombreuses expositions sont organisées - La serre, est devenue la salle des mariages et, le parc, situé dans les bois, sur un sol argileux imperméable possède ses étangs agréablement aménagés où il fait bon se promener.

La villa Sainte-Hélène et la Fontaine Saint-Martin : Le lac de la Médecinerie : Dans le pré de la villa, coule la source Saint-Martin connue autrefois pour ses bienfaits - Aujourd'hui, un mince filet d'eau continue son mystérieux chemin souterrain pour rejoindre le lac de la médecinerie - Le lac a été creusé à la fin des années 1960 pour recueillir les eaux fluviales du versant nord de la commune, permettant de réguler le débit du gouffre naturel important qui draine ces eaux depuis toujours - Cet aménagement fut l'occasion de créer un espace vert, agréable lieu de détente où certaines manifestations s'y déroulent - La Médecinerie était un lieu où des religieux récoltaient des plantes médicinales qu'ils faisaient sécher dans une grange qui fut récemment transformée en maison d'habitation.

Le château de la Poterie, propriété de M. A. Lesourd en 1910, fut, on peut le penser, le lieu d'une ancienne fabrique de pots  - En effet la terre de la commune était idéale pour ce genre de fabrication - La Comtesse de Ham en fut la propriétaire - Le Comte de Ham, chargé du commandement des hôpitaux de la Grande Armée en Russie, sous Napoléon 1er,  revint vivre à Saran en 1848 - Il mourut à l'âge de 80 ans, il est enterré au cimetière des Aydes - Le dernier propriétaire, M. Boussion, mit son domaine à la disposition de la paroisse pour y organiser le patronage ainsi que les kermesses - Actuellement le château est la propriété de la G.M.F, Garantie Mutuelle des Fonctionnaires.

Le château du Colombier, détruit en 1970, fut endommagé pendant la guerre de 1870 - En effet c'est dans ce domaine que le service de surveillance en ballon fut organisé pour l'Armée de la Loire - C'est l'aéronaute Gaston Tissandier qui avait fait son installation sur la grande pelouse sud du château - Il y surveillait lors de ses ascensions en cet endroit, la plaine de Beauce - On ne sait si, le quartier Général de l'Etat Major de l'Armée de la Loire y était installé - En 1913, le Colombier devint l'habitation de M. Gabriel Debacq, illustre avocat d'affaires à la Cour d'Appel de Paris et maire de Saran de 1892 à 1925 - C'est lui qui inaugura le monument commémoratif de la défense d'Orléans le 30 avril 1899 - Le château n'existe plus, mais on a construit sur le domaine, les bâtiments d'une caisse de retraite.

Le château de la Beurrière est un château coquet avec sa tour de briques rouges - Comme le château du Colombier, il est situé dans le quartier Est et au-delà de la nationale 20 et des voies ferrées - Le chemin des Quatre Clefs, à la Beurrière devient chemin vicinal par décision du Conseil Municipal le 4 septembre 1868.

Le château de la Foulonnerie est une demeure cossue de Saran - Il porte le nom du Lieu-dit d'où l'on extrayait la glaise dite " terre à foulon" qui servait à dégraisser le drap - A présent le domaine est une résidence secondaire de Parisiens.

L'aérodrome de Saran : Le projet d'un aérodrome sur le territoire de la commune, remonte à 1913 par une convention établie entre l'Etat, le Maire d'Orléans, Fernand Rabier, et le Maire de Saran, Gabriel Debacq -  C'est en 1921 que la première station météo d'Orléans fut installée sur l'aérodrome de Saran - Ce terrain d'une superficie de 90 ha fut inauguré le 14 juillet 1924 - L'activité du terrain devait prendre son essor entre les deux guerres de 1914/1918 et 1939/1945 - Les lignes commerciales et postales en plein développement avaient besoin de terrains d'atterrissage et de points d'accueil - Saran constituait un terrain de secours officiel - En 1937, Saint-Exupéry, alors correspondant de presse couvrant la guerre d'Espagne, fit escale à Saran à plusieurs reprises - C'est surtout l'aviation civile qui développa l'activité du terrain - L'aéoro-Club d'Orléans fut fondé en 1930 - Le but de cette association devenue en 1937 "l'Aéro-Club d'Orléans et du Loiret", était la pratique de la construction et l'apprentissage du pilotage - L'Aéro-Club préparait également au brevet de pilote et, il organisait des baptême de l'air et des meetings auxquels participaient des aviateurs connus comme Adrienne Bolland - De nombreux Orléanais se rassemblaient autour de ces manifestations - De 1940 à 1944, le terrain fut occupé par les  Allemands qui y construisirent des bunkers et rendirent  les pistes pratiquement  inutilisables - De 1945 à 1962, les Américains s'y installent, mais l'Aéro-Club d'Orléans reprend ses activités dès 1945/1946, dans des bâtiments provisoires, les hangars ayant subi les désastres de la guerre et des bombardements successifs - A cette époque, l'aéromodélisme et le vol à voile, planeurs, se développent - De grandes fêtes aériennes sont organisées - Les travaux de la bretelle d'autoroute, coupent l'aérodrome en 1971, ne permettant plus d'atterrissage - Le 22 octobre 1972, le terrain est définitivement fermé aux activité aéronautiques.

Le Camp de Cercottes : Le chemin de la Beurrière aboutissait au camp de Cercottes - Sur ce chemin se dressait un café-restaurant et débit de tabac qui s'appelait le "Café aux Poilus" tenu par M. et Mme Métais - Terrain militaire, situé en grande partie sur le territoire de Saran le camp de Cercottes date de 1874 - En effet, il fut décidée l'installation d'un champ de tir affecté à l'école d'artillerie du 5ème corps d'armée d'Orléans, sur les terrains situés à Saran - Le Camp est doté d'un lac, le Lac Noguéira - Malgré les contestations du Conseil Municipal de Saran quant à l'appellation "Camp de Cercottes", et qui proposait "Camp de Saran les Aydes", c'est l'armée qui eut gain de cause - De 1909 à 1911, l'aviation naissante disposa du camp de Cercottes qui devint un champ de manoeuvre - Les soldats indiens y séjournèrent pendant la guerre de 1914 - 1918, d'où le nom de "Camp des Indiens"

Ressources : Centre Cure Saran, moyen séjour, rééducation fonctionnelle, service de soins de longue durée - Zone industrielle de Saran-Ormes : John Deere, moteur diesel, 750 salariés ; Sécurita France, surveillance, 400 salariés ; Seit, installation électrique, 200 salariés, etc.... La République du Centre, le journal quotidien de la région centre, 130 salariés - Zone commerciale de la nationale 20 : Carrefour, Brico-Dépôt, Conforama, Pier-Import, etc......

Animations et loisirs : Ville fleurie, trois fleurs -  Fêtes patronales :  Saint-Martin, deuxième dimanche de juillet,  l'Assomption le 15 août - Expositions mensuelles Artistiques et Culturelles sur thèmes différents, au château de l'Etang - Fête de la Jeunesse, en mai - Vingt quatre heures V.T.T., tous les quatre ans en juin, dans le parc du château de l'Etang,  dont un en 2006 -  Raid cyclo-Pédestre, le 11 septembre - Vide grenier, le 2ème dimanche de septembre, au château de l'Etang - Critérium cycliste (biennale années paires), le 17 septembre - Fête du Vin Doux, le 25 septembre.

Hameaux : Le Bourg - La Fassière - La Foulonnerie -   La Montjoie - La Poterie - La rue des Aydes - Le Bois-Bouchet - Le Camp de Cercottes -  Le Chêne-Maillard -  Le Veau - Les Aydes - Les Bichardières - Les Brosses  -  Les Mélinières -  Les Poiriers - Les Quatre-Clefs - Les Toits  - Les Vallées - L'Orme-au-Coin - Montaran - Pimelin -  Villarmoy.

Bibliographie : Indicateur Général du Loiret de 1926 et de 1955 - Annuaire général d'Orléans et des communes du Loiret de 1938 - Almanachs du département du Loiret de 1882 et de 1908 - Dictionnaire Biographique et Historique Illustré de 1910 - Divers Sites Internet - Dictionnaire des Communes de 1926 - Paroisses et Communes de France, Loiret de 1982 - Guide Pittoresque du Voyageur en France, le Loiret de 1993, réédition de 1838 - "Autrefois Saran", livre promenade de "l'Antiquité aux Années 50", Groupe d'Histoire Locale de Saran, avril 2005 - L'Aviation dans le Loiret, Cercle des Cartophiles du Loiret, septembre 2005 - Les Monuments aux Morts de la Guerre de 1914-1918, Loiret, Arrondissement d'Orléans, Cercle des Cartophiles du Loiret, décembre 2005 - Bulletins municipaux - Dépliants communaux - etc.....

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